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18/09/2012

Grandeur et décadence

On peut se demander quel intérêt ont ces grandes messes comme la dernière conférence gouvernementale sur l’environnement alors que les décisions sont prises à l’avance :

L’arrêt de la centrale de Fessenheim en 2016 alors que cette centrale avait été l’objet de travaux lui permettant de fonctionner au moins dix ans avec la bénédiction de l’Agence de Sécurité Nucléaire, la perte annuelle entrainée par cet arrêt, absolument infondé étant de l’ordre de 200M€.

L’interdiction de l’exploitation des gaz de schiste en France. Il est en effet plus facile de bloquer le prix du gaz que de rechercher du gaz bon marché avec en plus la création d’emplois en France.

Et tout ça pourquoi ?pour faire plaisir à une kyrielle d’ONG gaucho-verdâtres de financement obscur comme Greenpeace, Ecologie sans frontière, Rassemblement pour la planète, le Réseau sortir du nucléaire, et des gourous autoproclamés comme Nicolas Hulot et José Bové, tous déconnectés des contraintes économiques et entrainés par une idéologie partagée par 2% de la population française pourtant intoxiquée en permanence par les médias.

La France se désindustrialise et perd des parts de marché et le Président veut faire de notre pays « la nation de l’excellence environnementale ». Quand les Chinois et les Arabes auront racheté toutes les entreprises françaises, on comprendra que là n’est pas le problème mais qu’il faut produire au moindre coût avec une énergie la moins chère possible.

On put d’ailleurs, au cours de la conférence, voir l’alliance improbable du patronat et des syndicats qui eux sont au contact de la réalité économique.

Les Français s’élèvent contre le prix de l’essence et du fuel, que diront ils quand l’électricité va doubler pour financer des panneaux solaires chinois et des moulins à vent au fonctionnement incertain ?

On évoque en permanence le « principe de précaution », honteux préservatif d’un pays qui n’accepte plus aucun risque et veut faire des guerres « zéro mort », signe de décadence d’une nation qui autrefois conquérait l’Europe et parcourait le Monde, où on découvrait, on inventait, on créait. On craint un tsunami en Gironde, un tremblement de terre jamais vu sur le Rhin, on se préoccupe des nuisances que subiront les baleines si on prospecte le pétrole au large de la Guyane.

Les Français croient que leur mode de vie confortable est un dû de droit divin et que ça va durer : les 35 heures, les six semaines de congés payés et la santé gratuite. Pendant ce temps là, si j’ose dire, les Chinois travaillent comme des nègres, nous imitent, nous copient et accumulent des capitaux pour racheter les derniers fleurons de nos entreprises. Sous peu on achètera des TGV et des avions chinois. Les Américains relancent leur industrie avec l’autosuffisance d’une énergie pas chère, pendant que nous rêvons dans les délices de Capoue.

Et encore nous n’avons pas compris que ce que veulent tous ces hurluberlus apôtres de l’écologie, c’est la décroissance, une mentalité d’Amish refusant le progrès. Quand on voit comment vivaient les Bretons de l’intérieur, il y a un siècle, dans des chaumières au sol de terre battue sans électricité et ce devait être pareil dans la plupart des provinces agricoles, on se dit que c’est quand même mieux maintenant même avec les bouchons sur les autoroutes et l’effet de serre, nouvelle crainte millénariste proche de celle de la chute du ciel sur les Gaulois.

Si on veut remonter la pente il faut le vouloir, agir, travailler, gérer au mieux, économiser, inventer, produire et, pendant qu’on y est renoncer au messianisme démocratique.

 

 

http://dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com

 

29/07/2012

La sénatrice et les sous-marins

Une sénatrice Mme Maryvonne Blondin « attirel'attention de M. le ministre de la défense sur l'emploi des femmes à bord des sous- marins français » : citant des exemples étrangers d’embarquement de femmes sur les sous marins, elle note « Une cohabitation avec des hommes, dans ces espaces très restreints, pour des missions de plusieurs mois est donc possible. Un progrès notable dans l'égalité des sexes. »

Il est vrai que la marine a toujours « brassé à culer » au sujet de la féminisation des sous-marins et a jusqu’à maintenant tenu bon.

On peut se demander si le but de toute réforme dans le domaine des armées est la satisfaction de principes d’ailleurs contestables, comme l’égalité des deux sexes pour toutes les tâches, ou la recherche d’une meilleure efficacité au moindre coût. Pour embarquer des femmes il faut des locaux séparés, des règles de vie contraignantes et finalement beaucoup de problèmes pour un bénéfice nul.

D’ailleurs quand cette sénatrice, pourtant bretonne, écrit « Mais aujourd'hui les navires submersibles les plus importants ont déjà plusieurs salles de bain, permettant un usage non mixte, et des dortoirs qui peuvent être isolés » on se rend compte que cette dame n’a jamais mis les pieds à bord d’un sous marin.

Et quand elle demande au ministre de la défense « de bien vouloir lui indiquer, avec plus de précisions quant au calendrier adopté et à la campagne de recrutement envisagée, les ambitions de la France dans ce mouvement de féminisation des équipages des sous-marins et de l'égalité professionnelle des hommes et des femmes » on ne peut qu’espérer sans trop y croire, qu’ il lui répondra que les armées ont d’autres problèmes à régler que satisfaire à de telles billevesées.

Je voudrais rappeler qu’une patrouille de deux gendarmes féminins vient de se faire massacrer par un criminel à Collobrières ce qui amène à douter de l’égale adaptation des hommes et des femmes à toutes les professions.

 

26/07/2012

La Guyane nous échappe

Voici une lettre ouverte décrivant la situation de la Guyane actuelle.

"LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
L’UNION DES OPÉRATEURS TOURITISQUES DE GUYANE
La Hulotte, Palika, Ayana, Guyavoile, École Maritime de Guyane, Yaplus, École de Croisière Flamboyant, Autremer, Tropic Alizés, Freelance Services, Terre de Jeux, Groupe Sainte Claire Voyages, Takari Tour, la Sotel, Couleurs Amazone, Camp Cisame, Association Papakaï, Bitassion Patawa, Ocean Logistic Scientific, La Compagnie des Guides de Guyane, Quimbé Kio, Guyane Randonnée, Saut Sonnelle, Auberge du bois Diable, Camp Cariacou, Camp Maripas, Guyarando, Canopée Guyane, Tigdilo, Entobios, Atmosphére d'Amazonie, Guyanature, Nature de Guyane, Alawata, L'Eden Verte, Coeur de Forêt, Camp du Lawa,
Amazonie Découverte.

LA GUYANE NOUS ÉCHAPPE !!!
L’orpaillage clandestin omniprésent dans notre région gangrène jours après jours ce petit morceau de France d’Amérique du Sud, seul département d'outre-mer non insulaire.
Nous sommes d’ailleurs de plus en plus nombreux à nous demander si nous sommes toujours en France ou bien dans une zone de non-droit, livrés à la loi des malfrats? Les opérations militaires, tout à fait légitimes, consistent à détruire les sites d'orpaillage clandestins. Que font alors les garimpeiros pour renouveler leur matériel ?... Un prêt en bonne et due forme ? Et bien NON ! Ils passent « commande » à des rabatteurs qui vivent, souvent illégalement, proches des agglomérations et qui viennent voler tout le matériel nécessaire dans les villes, les fleuves et les estuaires. La liste des exactions subies est longue et non exhaustive. Il est maintenant avéré que cette insécurité, ces cambriolages et ces agressions sont bien les conséquences directes ou indirectes de l'orpaillage clandestin. Et ce lien évident est trop souvent passé sous silence.
La Guyane s’est donc transformée en un immense supermarché, où les sols et réserves halieutiques sont pillés, les fleuves pollués, les citoyens agressés et volés en permanence. De plus en plus de touristes et résidents annulent tout simplement leur séjour sur notre territoire parce qu’ils ont peur pour leur sécurité. Même les familles de gendarmes se font agresser, vandaliser, cambrioler au sein même des brigades !
Nos élus locaux font le même constat : " Sur le terrain, les garimpeiros ont déclaré la guerre à l'État français. Or, on sait déjà que l'insécurité causée par les orpailleurs clandestins se diffuse sur l'ensemble du territoire guyanais, que le modèle de prédation avec violence et atteintes aux personnes se banalise, tant dans l'intérieur que dans les zones urbaines. Si l'uniforme militaire, la force de l'État incarnée par ses soldats, n'arrête pas le geste meurtrier des pilleurs de ressources naturelles, à quoi doivent s'attendre les civils ?" Jean-Etienne Antoinette, Sénateur maire de Kourou, article paru dans France Guyane le 10 juillet 2012.
Le manque de réactions adaptées de la part des autorités face au réapprovisionnement criminel de ces sites d’orpaillage clandestins a permis aux garimpeiros de parfaitement s’organiser en toute impunité depuis plus de 15 ans.
Ce problème est bien de l’ordre de la sécurité publique relevant de l’État. Malgré la présence de milliers de policiers, gendarmes et militaires le climat d’insécurité ne fait que croître et les solutions répressives sont inadaptées. L'outil législatif doit impérativement être ajusté aux nombreuses particularités de la Guyane.
Les clandestins qui commettent des délits et crimes sur notre sol, en toute impunité, ne feraient certainement pas la même chose dans leur pays...
Un constat peut d'ores et déjà être fait : certains professionnels ont été contraints de stopper leurs activités, voire de rapatrier leur personnel, notamment pour deux des plus grands camps touristiques de forêt, ainsi que le CNRS avec sa station scientifique internationale des Nouragues. Certains opérateurs tellement fatigués et convaincus de l’inefficacité du système ont fini par arrêter de porter plainte et de faire des déclarations de vols aux assurances afin de ne pas se faire radier.
Or, cette situation provoque de fait une réduction des investissements voire à moyen terme un arrêt définitif des activités des professionnels du tourisme. Sur toute la Guyane l'activité touristique représente plus de 75 000 clients, pour un chiffre d'affaires d'environ 7 millions d'euros annuel.
Voici un exemple qui illustre parfaitement cette inefficacité : dernièrement, suite à une série de cambriolages de bateaux et camps touristiques, une cache de matériels volés est retrouvée par un professionnel du tourisme sur le fleuve à seulement 30 minutes de Kourou. Malgré la volonté d'intervenir du PSIG (Peloton de Surveillance et d'Intervention de la Gendarmerie), ils n'obtiennent pas l'aval de leur supérieur ???... Des citoyens exaspérés et armés prennent la décision de partir récupérer leur matériel en forêt. Au péril de leurs vies, ils rapportent une grande quantité d’objets volés. Dans le même temps, le Tribunal de Cayenne reçoit un fax urgent demandant de faire diligence afin de déclencher l'implication des forces de l'ordre dans les meilleurs délais, la réponse n’intervient que 2 jours et demi après !
Et quelle est-elle ? Le Parquet de Cayenne demande à ce que l’auteur du fax soit auditionné par la Gendarmerie… Voilà où nous en sommes !
Un point de non retour a été franchi dernièrement à Dorlin et sur le fleuve Approuague démontrant le niveau de détermination des criminels. Est-ce que l'État aura la volonté de se réapproprier ce département et d'y réaffirmer sa souveraineté ?
Il est temps de se mettre autour d’une table, toutes convictions politiques confondues, et de prendre en main l’avenir de la Guyane. Nous avons entendu trop de promesses, de discours stériles et de décisions beaucoup trop frileuses par rapport à l’ampleur des problèmes réels.
Nous posons la question : les acteurs touristiques qui surmontent déjà bien d’autres difficultés locales doivent-ils assurer leur propre sécurité (avec les conséquences que cela comporte) tant que l’État ne prendra pas les décisions efficaces et adaptées à cette situation catastrophique ?
Nous constatons depuis trop longtemps que la justice française ne sait pas répondre efficacement à de tels problèmes : les forces de l’ordre sont bloquées par leur hiérarchie etl'armée se concentre essentiellement sur la protection du Centre Spatial Guyanais…
La Guyane est un pays exceptionnel où se déroulent des faits exceptionnels. L'Etat doit prendre d’urgence des mesures exceptionnelles !!!
Monsieur le Président de la République,
Nous demandons, nous exigeons, que l’État Français prenne immédiatement les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des personnes et des biens en Guyane, territoire de la République Française.
LA GUYANE NOUS ECHAPPE !!!

Fait à Kourou le 17 juillet 2012

Union des Opérateurs Touristiques de Guyane
14 rue Cresson 97310 Kourou

Courrier envoyé à :
- Président de la République Française
- 1er Ministre
- Ministre de l’Intérieur
- Ministre de la Défense
- Ministre de la Justice
- Ministre des Outres Mer
- Ministre des Affaires étrangères
- Ministre du Tourisme
- Préfet de Guyane
- Président de la Région Guyane
- Président du Conseil Général de Guyane
- Président du Comité du Tourisme de Guyane
- Président de la Chambre de Commerce de Guyane
- Sénateur Maire de Kourou
- Députés de Guyane
- Sénateurs de Guyane
- Parc Amazonien de Guyane
- Parc Naturel Régional de Guyane
- Centre Spatial Guyanais (CNES, ESA, Arianespace, Mission CNES)
- Office du Tourisme de Kourou
- DEAL, Directeur de la Mer, DIECCTE
- ONF, Ifremer, WWF, ONCFS, Guyane Nature Environnement, OSL
- Tous les médias, télés nationales et locales, presse, internet…"

 

 

13/07/2012

De la parité

J’ai laissé passer un délai de décence avant de réagir, mais je voudrais aborder la soi disant nécessité d’ouvrir tous les métiers également aux deux sexes : il y a peu, deux femmes gendarmes ont été assassinées par un criminel. Est ce un métier de femme d’être gendarme ou policier ? La conséquence la plus visible de l’ouverture de ces professions à la gente féminine a été de porter de deux à trois l’effectif des patrouilles. Une patrouille comportait autrefois deux hommes, maintenant elle comporte généralement deux hommes et une femme : deux femmes on vient de voir ce qu’il s’en suivait en cas de crise grave, un homme et une femme ça ne fait pas sérieux. On a donc diminué l’efficacité des forces de l’ordre. Ajoutez à cela l’application des 35 heures dans la police, la baisse de présence sur le terrain est considérable.

D’un autre point de vue je suis persuadé qu’on aurait envoyé pour cette intervention deux hommes plutôt que des femmes, ils seraient encore en vie.

La remarque, bien entendu, s’applique également aux armées.

10/07/2012

Syrie: Qu'allons nous faire dans cette galère

La semaine dernière s’est tenue à Paris la réunion des « Amis du peuple syrien », à laquelle assistaient une centaine de représentants de pays occidentaux et arabes. La Russie et la Chine étaient évidemment absentes.

"Bachar Al-Assad doit partir. C'est ce que veut son peuple. C'est l'intérêt de la Syrie, de ses voisins, et de tous ceux qui veulent la paix dans la région", a déclaré François Hollande, à l'ouverture de la réunion.

La France a l’évidence, souhaite pour Al-Assad le sort de Saddam Hussein et de Kadhafi. Mais si Al-Assad tombe qui le remplacera ? Le Conseil National Syrien (CNS) est complètement discrédité, les différents courants de l'opposition n'arrivant pas à s'unir. La place prédominante faite aux Frères musulmans au sein du CNS par l’AKP turc et le Département d’État américain a fini par exaspérer à peu près tout le monde. La conférence a décidé d’accroitre massivement l’aide à l’opposition, c’est à dire aux combattants.

Pour comprendre la situation en Syrie il faut savoir comment les Alaouites sont arrivés au pouvoir. Les minorités de Syrie – en particulier, les Alaouites qui sont en possession des appareils de contrainte de l’État – sont des minorités inquiètes pour leur survie qu’elles défendront par la violence. Faire sortir le président syrien du jeu peut à la rigueur avoir une portée symbolique mais ne changera rien au problème. Ce n’est pas lui qui est visé, ce n’est pas lui qui est en cause, c’est l’ensemble de sa communauté qui se montrera encore plus violente et agressive si elle perd ses repères et ses chefs.

Reprenons le texte d’une conférence prononcée récemment par Alain Chouet,ancien chef du service de renseignement de sécurité de la DGSE, reconnu bien au delà de l'Hexagone pour son expertise du monde arabo-musulman.

« Tout comme son père, Bashar el-Assad n’est que la partie visible d’un iceberg communautaire complexe et son éventuel départ ne changerait strictement rien à la réalité des rapports de pouvoir et de force dans le pays. Il y a derrière lui 2 millions d’Alaouites encore plus résolus que lui à se battre pour leur survie et plusieurs millions de minoritaires qui ont tout à perdre d’une mainmise islamiste sur le pouvoir .

Les Alaouites sont une communauté sociale et religieuse persécutée depuis plus de mille ans. Issus au Xeme  siècle aux frontières de l’empire arabe et de l’empire byzantin d’une lointaine scission du chiisme, ils pratiquent une sorte de syncrétisme mystique compliqué entre des éléments du chiisme, des éléments de panthéisme hellénistique, de mazdéisme persan et de christianisme byzantin. Ils se désignent eux mêmes sous le nom d’Alaouites – c’est à dire de partisans d'Ali, le gendre du prophète - quand ils veulent qu’on les prenne pour des Musulmans et sous le nom de Nosaïris – du nom de Ibn Nosaïr, le mystique chiite qui a fondé leur courant – quand ils veulent se distinguer des Musulmans. Et – de fait – ils sont aussi éloignés de l’Islam que peuvent l’être les chamanistes de Sibérie.

Les Alaouites sont considérés par l’Islam sunnite comme les pires des apostats. Cela leur a valu au XIVè siècle une fatwa du jurisconsulte salafiste Ibn Taymiyya, l’ancêtre du wahhabisme actuel, prescrivant leur persécution systématique et leur génocide. Bien que Ibn Taymiyyah soit considéré comme un exégète non autorisé, sa fatwa n’a jamais été remise en cause et est toujours d’actualité, notamment chez les salafistes, les wahhabites et les Frères musulmans. Pourchassés et persécutés, les Alaouites ont dû se réfugier dans les montagnes côtières arides entre le Liban et l’actuelle Turquie tout en donnant à leurs croyances un côté hermétique et ésotérique, s’autorisant la dissimulation et le mensonge pour échapper à leur tortionnaires.

Il leur a fallu attendre le milieu du XXè siècle pour prendre leur revanche. Soumis aux occupations militaires étrangères depuis des siècles, les bourgeois musulmans sunnites de Syrie ont commis l’erreur classique des parvenus lors de l’indépendance de leur pays en 1943. Considérant que le métier des armes était peu rémunérateur et que l’institution militaire n’était qu’un médiocre instrument de promotion sociale, ils n’ont pas voulu y envoyer leurs fils. Résultat : ils ont laissé l’encadrement de l’armée de leur tout jeune pays aux pauvres, c’est à dire les minorités : Chrétiens, Ismaéliens, Druzes, Chiites et surtout Alaouites. Et quand vous donnez le contrôle des armes aux pauvres et aux persécutés, vous prenez le risque à peu près certain qu’ils s’en servent pour voler les riches et se venger d’eux. C’est bien ce qui s’est produit en Syrie à partir des années 60.

Dans les années 70, Hafez el-Assad, issu d’une des plus modestes familles de la communauté alaouite, devenu chef de l’armée de l’air puis ministre de la défense, s’est emparé du pouvoir par la force pour assurer la revanche et la protection de la minorité à laquelle sa famille appartient et des minorités alliées – Chrétiens et Druzes - qui l’ont assisté dans sa marche au pouvoir. Ils s’est ensuite employé  méthodiquement à assurer à ces minorités – et en particulier à la sienne - le contrôle de tous les leviers politiques, économiques et sociaux du pays selon des moyens et méthodes autoritaires.

Face à la montée du fondamentalisme qui progresse à la faveur de tous les bouleversements actuels du monde arabe, son successeur se retrouve comme les Juifs en Israël, le dos à la mer avec le seul choix de vaincre ou mourir. Les Alaouites ont été rejoints dans leur résistance par les autres minorités religieuses de Syrie, Druzes, Chi’ites, Ismaéliens et surtout par les Chrétiens de toutes obédiences instruits du sort de leurs frères d’Irak et des Coptes d’Égypte.

Alors, proposer aux Alaouites et aux autres minorités non arabes ou non sunnites de Syrie d’accepter des réformes qui amèneraient les islamistes salafistes au pouvoir revient très exactement à proposer aux Afro-américains de revenir au statu quo antérieur à la guerre de sécession. Ils se battront, et avec sauvagerie, contre une telle perspective. »

On a fini par reconnaître qu’il ne s’agissait pas de manifestants pacifiques sévèrement réprimés mais d’une guerre civile et que l’Armée Syrienne menait donc en fait des opérations de maintien de l’ordre comme nous le fîmes en Algérie.

L’armée dans son ensemble montre son loyalisme hormis certaines défections montées en épingle comme celle du  général Manaf Tlass, un sunnite, qu’on peut supposer avoir été largement sollicitée. Il avait été écarté, il y a plus d'un an de ses responsabilités, car jugé peu fiable, toute sa famille se trouverait déjà à l'étranger. Il est le beau frère d’Akram Ojjeh.                                                                          L’insurrection est loin d’être générale, les minorités en particulier, nombreuses en Syrie craignent l’arrivée au pouvoir des islamistes. En Syrie les différentes communautés vivaient en paix sans qu’il y eût de tension religieuse, musulmans et chrétiens cohabitaient en bonne intelligence souvent dans le même quartier.

L’information diffusée en Occident n’est absolument pas crédible. La source de référence est l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), en fait un rédacteur syrien exilé à Londres et une traductrice. «  Cet organisme est devenu la source quasi unique de l’information sur le terrain, reprise in extenso par l’Agence France-Presse (AFP) et les médias français ». Il est financé par les médias panarabes et est un instrument de propagande favorable aux frères musulmans. C’et à lui qu’on doit le décompte des victimes et l’attribution des massacres, souvent fort improbable. L’Arabie saoudite et le Qatar, via leurs chaînes de télévision par satellite, Al-Arabiya et Al-Jazira, diffusent aussi une information largement partisane.

L’Armée Syrienne Libre qui mène le combat contre l’armée syrienne, compterait à peu près 40 000 combattants dispersés à travers le pays, n’obéissant pas toujours à une chaine de commandement précise. On trouve de nombreux étrangers, des Libyens, des Libanais, des Qatari, des Saoudiens et même des Afghans, des Turcs et des Français. Nombreux sont les salafistes, les djihadistes et les membres d’ Al Quaida. Ils ont vu leurs moyens renforcés par des fournitures d’armes venues du Qatar, d’Arabie Saoudite via le Liban et la Turquie.

Les sanctions contre la Syrie, le renforcement des moyens de l’ASL  finiront peut être par venir à bout de Al-Assad. Par qui sera-t-il remplacé ? On ne peut guère croire qu’à une prise de pouvoir par les islamistes, les frères musulmans étant les mieux structurés. Qu’y gagnerons nous ? La France n’a-t-elle pas d’autres affaires à régler que la situation en Syrie ?

« Que les monarchies réactionnaires défendent leurs intérêts et que les forces politiques fondamentalistes cherchent à s’emparer d’un pouvoir qu’elles guignent depuis près d’un siècle n’a rien de particulièrement surprenant. Plus étrange apparaît en revanche l’empressement des Occidentaux à favoriser partout les entreprises intégristes encore moins démocratiques que les dictatures auxquelles elles se substituent et à vouer aux gémonies ceux qui leur résistent.                                                                                   Prompt à condamner l’islamisme chez lui, l’Occident se retrouve à en encourager les manœuvres dans le monde arabe et musulman. La France, qui n’a pas hésité à engager toute sa force militaire pour éliminer Kadhafi au profit des djihadistes et à appeler la communauté internationale à en faire autant avec Bashar el-Assad, assiste, l’arme au pied, au dépeçage du Mali par des hordes criminelles »

 

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