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26/02/2016

Reductio ad Pinochetum.

Le journal Le Monde a vraiment de curieuses obsessions.

Pendant 13 ans de 1995 à 2008, j’ai correspondu avec le journal - une quarantaine de lettres par an - correspondance à peu près unilatérale d’ailleurs, je n’ai eu que fort peu de réponses. Mon but était de signaler toutes les informations manipulées, les commentaires partiaux, en un mot la désinformation auquel le journal se livrait.

L’époque la plus faste pour cet exercice a été la période pendant laquelle Edwy Plenel, trotskiste avéré et maintenant directeur de la publication du site Mediapart, était directeur de la rédaction du journal (1996-2005)

J’ai d’ailleurs publié deux livres « la désinformation et le journal Le Monde » suivi par « de Judas à Tartuffe, lettres au Monde » reprenant mes lettres.

Pendant toutes ces années de « collaboration » Le Monde avait une bête noire absolue, le général Pinochet qui gouverna le Chili de 1973 à 1990, après avoir renversé ce vieil ivrogne d’Allende, socialiste grand teint, qui avait conduit son pays à la ruine. C’était évidemment impardonnable. Il ne se passait pas de semaine sans que Pinochet soit pris à partie et accusé de tous les péchés du monde : torture, assassinat, massacres en tous genres. Le Monde n’avait qu’une idée, c’était de voir Pinochet trainé devant un tribunal. Il faut remarquer que Pinochet quitta le pouvoir le plus démocratiquement du monde après une élection défavorable. Il n’empêche, pour Le Monde il était le mal absolu.

Ce qui est amusant c’est que Le Monde avait soutenu sans remord aucun, tous les pires tyrans de la planète : Mao, Pol Pot, Castro, Aristide d’Haïti et j’en oublie surement.

Il est vrai que Pinochet conduisait son pays d’une main ferme mais il lui avait apporté, stabilité et richesse ce qui est peu fréquent en Amérique du Sud.

Si je vous raconte tout ça, c’est par ce que le 25 février 2016, l’éditorial du Monde est intitulé « Egypte : une dérive à la Pinochet », tout ça pour une sombre histoire d’un étudiant Italien disparu puis retrouvé mort sur le bord d’une route, « Nombre d’indices laissent pourtant entendre que le doctorant de l’université de Cambridge a été assassiné par des hommes des services de sécurité. Brûlures de cigarette autour des yeux, coups de couteau, fracture du cou: le jeune Italien a subi le sort des victimes de torture en détention. ». C’est bien possible mais la conclusion du Monde est étonnante: Parlant du régime du Maréchal Sissi, actuel Reis d’Egypte, arrivé au pouvoir après avoir éliminé les frères musulmans : « Pris dans une fuite en avant répressive, le régime ressemble furieusement à celui du général Pinochet au Chili (1973-1990) » Certains média évoquant « les heures les plus sombres de notre histoire » pratiquent la « reductio ad Hitlerum » à tout bout de champ, Le Monde lui, tout à ses obsessions a inventé la « reductio ad Pinochetum ».

http://dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com

09/09/2014

De l'autocratie tempérée par l'assassinat.

Au cours d’un récent voyage à Saint Petersbourg, mon guide, une Russe cultivée et parfaitement francophone, ne cessait de chanter les louanges de Catherine II qu’elle ne manquait pas d’appeler Catherine la Grande. Je lui fis remarquer qu’elle était allemande, elle le reconnut mais rien n’y fit, c’était Catherine la Grande impératrice de Russie. Du coup j’évitais de lui faire remarquer qu’elle avait pris le pouvoir par un coup d’état et assassiné son mari. Je pense que ça n’aurait rien changé et que Catherine II jouit de cette admiration de la part de l’ensemble du peuple russe.

Elle régna 34 ans, et fit de la Russie un pouvoir dominant au Moyen Orient après la première guerre contre l'empire ottoman. Elle annexa la Crimée, en 1783, neuf années après que celle-ci eut obtenu son indépendance. A sa mort, elle avait ajouté 518 000 km2 au territoire de la Russie.

Bien évidemment Catherine la Grande inspire Poutine, il a comme elle l’attirance vers les mers chaudes. Lui aussi jouit en Russie d’une grande popularité pour avoir rétabli la puissance et la grandeur russes et mener une politique nationaliste. On ne lui reproche guère son autoritarisme : il a un projet et s’y tient.

Si j’écris cela, c’est parce que je constate qu’au fil des ans, j’ai régulièrement pris la défense de nombre d’autocrates, cibles préférées de la gauche, certains ont fait le bien de leur pays comme Pinochet et maintenant Poutine, d’autres ont été les victimes des démocrates occidentaux et leur chute n’a fait qu’aggraver les choses : Milosevic, Saddam Hussein, Ben Ali, Kadhafi ; heureusement Bachar el Assad a résisté grâce aux Russes.

Oui mais direz vous, ce ne sont pas des démocrates. Certes mais après leur chute nulle part la démocratie ne s’est installée, mais le désordre ou la tyrannie généralement religieuse.

Le président Mitterand a déstabilisé l’Afrique par son sermon de la Baule en 1990 par lequel il liait l’aide à l’instauration de la démocratie, cela a provoqué entre autres les massacres du Rwanda.

Regardons l’histoire de France, le pays des droits de l’homme et des Lumières, à quel abaissement la révolution de 1789, événement soi disant fondateur a mené le pays. Combien de temps peut on dire que la France fut en démocratie ? La 3° République qui nous mena à deux guerres mondiales dont nous ne  nous sommes jamais remis, la 4° et le régime des partis, la 5° créée aux dimensions de De Gaulle mais où le régime de Hollande sombre dans le ridicule.

La démocratie serait peut être un bon système si elle permettait d’élire des gouvernants avec un projet et qui s’y tiennent et non des ambitieux sans grandes qualités ni visions qui ne songent qu’à leur réélection.

En France pour réussir en politique, il faut appartenir à des sectes, des clubs, des mafias : il faut avoir fait l’ENA, cotiser au Siècle, à la French-American Foundation, au groupe Bilderberg, au Grand Orient de France, au CRIF, et ceci qu’on soit de droite ou de gauche. Copains et coquins, pas trop regardant sur le financement de leurs campagnes, s’affranchissant des règles de la plus élémentaire honnêteté, promettant n’importe quoi et oubliant, méprisant la volonté du peuple comme pour le traité de Lisbonne. Petits marquis de cabinet, il ne leur est pas demandé d’avoir réalisé quoi que ce soit.

Pour constituer un gouvernement, là où il faudrait une équipe solidaire, exécutant le projet du Président, on réunit un panier de crabes où il doit y avoir autant de mâles que de femelles, des tourteaux, des crabes verts et des crabes de palétuvier. Mais de l’intérêt de la France tout le monde se fiche. C’est pourquoi comme Vladimir Volkoff, je ne suis que moyennement démocrate.

02/03/2014

Mes autocrates

Je m’aperçois que depuis que j’écris, j’ai pris parti successivement pour Pinochet, Milosevic, Saddam Hussein, Ben Ali, Moubarak, Kadhafi, Bachar el Assad, et que je prends maintenant le parti de Poutine. Pendant ce temps là la presse bien pensante défendait Mao, Castro, Allende, Pol Pot, Aristide, Mengistu qui tous ont entrainé massacres et ruine de leur pays.

Je pense qu’en son temps j’aurais pris le parti de Franco, c’est dire…

Finalement, par des méthodes peut être peu démocratiques, mes autocrates maintenaient l’ordre et une certaine prospérité, les guerres Américaines pour imposer la démocratie, et des révolutions plus ou moins printanières n’ont amené que troubles, et luttes religieuses.

Le Chili, que Pinochet a quitté volontairement est le pays le plus prospère d’Amérique du Sud. Peut être la Tunisie s’en sortira-t-elle si l’économie reprend ce qui n’est pas gagné, mais l’Egypte évolue dans la continuité, un régime militaire ayant été remplacé par un autre, l’Irak, la Libye, la Somalie, Haïti, la Syrie, le Kosovo, ne connaissent que désordre, massacres, mafia et trafics en tout genre.

Poutine a rétabli l’ordre en Russie et assure le développement du pays. Maintenant il défend ses intérêts et ceux de la Russie en Ukraine et en Crimée.

L’Occident s’indigne et l’Otan fulmine. Surtout qu’ils ne s’en mêlent pas nous n’avons rien à y gagner et ce n’est pas notre problème.

Je rappelais l’autre jour la phrase de Goethe préférant l’ordre à la justice, je partage ce point de vue. J’ai la chienlit en horreur.