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08/04/2017

La Fontaine,toujours.

On a du mal à comprendre l’intérêt qu’aurait eu Bachar el Assad à gazer ses populations même rebelles alors qu’on est en train de négocier un accord de sortie de crise; enfin admettons.

Il n’en reste pas moins que les puissances qui ne cessent de perfectionner leurs armes de dissuasion avec lesquelles elles ont de quoi détruire le monde, semblent mal placées pour donner des leçons sur l’usage des « armes de destruction massives », d’autant que si les Etats Unis et leurs séides dont la France n’avaient eu de cesse de déstabiliser la région du monde allant de la Tunisie à l’Afghanistan, par des interventions en Afghanistan, en Irak et en Libye et des soutiens, voire des incitations aux révolutions dites du « printemps arabes », déstabilisant pour des prétextes discutables tous les pays ayant un régime à peu près laïcs, Tunisie, Egypte, Syrie, en ne ménageant que les théocraties les plus arriérées, Arabie Saoudite, Qatar, nous n’en serions pas là. Il est probable que l’Etat Islamique n’aurait jamais émergé et que le terrorisme islamique aurait été contenu.

Dans ces conditions condamner Bachar el Assad fait penser à la fable de La Fontaine, « Les animaux malades de la peste » : « … à ces mots on cria haro sur le baudet… ce pelé, ce galeux d’où venait tout leur mal… Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »

 

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16/12/2016

La libération d'Alep

L’indignation unanime des médias et des politiques devant la libération d’Alep est quand même étrange, croyaient-ils sincèrement que les rebelles allaient l’emporter ?

Maintenant on peut espérer un règlement politique de ce conflit qui dure depuis cinq ans ; il est vrai qu’il faudra que Bachar soit à la table des négociations. La durée du conflit et la résilience de l’armée syrienne montrent à l’évidence qu’un bonne part de la population syrienne, probablement une majorité, ne souhaite pas le remplacement du régime par une prise de pouvoir inéluctable des islamistes,

Remarquons aussi que toutes les informations viennent d’une officine pro-rebelles installée à Londres et qu’il faudrait écouter d’autre récits. Voilà ce qu’écrit un chrétien dans le bulletin de « SOS Chrétiens d’Orient » : « Entre les bombardements des islamistes et les balles de leurs francs tireurs, Alep est devenue un enfer. Même chez eux les Aleppins ne sont pas à l’abri. Le but des islamistes est de frapper les chrétiens en priorité ». C'est un témoignage qui en vaut bien un autre.

Cette rébellion qui a débuté par des mouvements d’étudiants et qui a ensuite dégénéré quand les terroristes islamiques venus de l’étranger s’en sont mêlés, aurait été vite matée si une curieuse alliance n’était intervenue aux cotés des rebelles pour renverser le gouvernement légitime de Bachar el Assad.

A coté de la France à la remorque des Américains, on trouve les démocraties avérées de l’Arabie Saoudite, du Qatar, de la Turquie. Rappelons nous les fortes paroles de notre ministre des Affaires étrangères déclarant que «  Bachar ne méritait pas d’être sur terre » et que le Front al Nosra « faisait du bon travail». Avec ces alliés la France est responsable du prolongement de cette guerre civile et d’une bonne part des 300 000 morts.

Les conséquences de l’élimination de Milosevic de Saddam Hussein, de Ben Ali et de Kadhafi qui n’ont été que troubles et appauvrissement, n’ont pas servi de leçon et n’ont pas fait comprendre que la démocratie de type occidental n’était ni adaptée ni souhaitée par de nombreux peuples.

Il convient maintenant que la rébellion n’a plus l’espoir de l’emporter, et heureusement, de chercher une issue politique à cette guerre qui a ravagé un pays autrefois en paix et où les minorités, y compris les chrétiens, étaient protégées.

Pour cela il faut commencer par abandonner une politique indéfendable.

 

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13/12/2016

Du Kosovo à la Syrie.

L’autre jour j’ai reçu un appel à l’aide aux chrétiens du Kosovo : Ils sont persécutés par les Albanais musulmans, vivent dans des enclaves, on détruit leurs églises.

Rappelons nous : en 1999 l’OTAN a fait, sans mandat de l’ONU, une guerre à la Serbie pour arrêter des atrocités que Milosevic, le « boucher des Balkans », aurait commises au Kosovo. La France a participé à cette guerre contre un pays ami traditionnel. Par des bombardements massifs, l’OTAN a contraint la Serbie à abandonner sa province du Kosovo qui est depuis devenu un état mafieux, où les chrétiens sont persécutés.

En 2001, une cour de justice de l'ONU allait établir qu'il n'y avait pas eu de génocide au Kosovo.

Depuis Milosevic a été emprisonné en 2002 par le Tribunal international pour la Yougoslavie (TPIY), il est opportunément mort en détention en 2006. En 2016 le TPIY déclarait Milosevic innocent des crimes en Bosnie dont on l’accusait.

Maintenant en Irak on poursuit une guerre entreprise par Bush sous de faux prétextes pour éliminer Saddam Hussein, qui n’était certainement pas sans reproche mais laissait vivre les chrétiens librement.Les chrétiens d’Irak ont du émigrer ou fuir l’Etat Islamique chez les Kurdes.

En Syrie, une guerre civile dure depuis cinq ans et a fait 300 000 morts. Cette guerre a été sinon suscitée au moins encouragée et entretenue par les Etats Unis et la France alliés aux islamistes dans le but de renverser Bachar el Assad. Lui aussi n’est pas sans reproche mais son régime protégeait les minorités dont les chrétiens qui vivaient en paix.

Depuis cinq ans Bachar résiste, ce qui prouve qu’il a le soutien d’une bonne partie de la population. Il est sur le point de reprendre le contrôle d’Alep dont les quartiers Est étaient entre les mains des rebelles. L’Occident déchainé crie au crime de guerre et voudrait trainer Bachar comme Milosevic devant un tribunal international. Tout le monde sait pourtant que la chute du gouvernement de Bachar el Assad entrainerait la création d’un état islamique qui obligerait les chrétiens à émigrer ou à être réduits en dhimitude.

Décidément l’Occident qui devrait défendre les chrétiens d’Orient n’a rien compris et poursuit indéfiniment une politique irresponsable.

C’est la Russie qui a pris à son compte la protection des chrétiens.

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30/09/2016

Alep

Il faut quand même être d’une totale mauvaise foi ou avoir la mémoire bien courte pour rendre Bachar responsable de ces cinq années de guerre civile, ayant causé 300 000 morts et les combats actuels pour Alep.

Rappelons nous quand même que tout a commencé dans la foulée des printemps arabes quand l’occident et les pétromonarchies sunnites ont entrepris de renverser Bachar, président légitime de la Syrie, encourageant voire suscitant la rébellion, l’occident par ce qu’il estimait le régime dictatorial, les secondes pour faire pièce à l’Iran chiite. Curieuse alliance avec des dictatures théocratiques bien moins libérales que ne l’était le régime syrien.

L’opposition « modérée » n’a jamais réellement existé, constituée surtout par des exilés, les autres ayant fini par rejoindre les mouvements djihadistes comme le Front al Nosra. Rappelons nous Fabius déclarant que ce mouvement « faisait du bon travail » et que Bachar n’avait pas sa place sur terre.

On aurait du être averti par le chaos entrainé au proche et au moyen Orient par les interventions occidentales en Afghanistan, en Syrie, en Libye. Les révolutions du printemps arabes ont conduit partout à la prise du pouvoir par les islamistes rêvant d’établir la charia.

Seulement Bachar ne s’est pas laissé faire soutenu par toutes les minorités, chrétiennes, yazidis, druzes, kurdes, alaouites, chiites, craignant toutes l’arrivée d’islamistes au pouvoir. Le clergé catholique a toujours déclaré qu’il ne souhaitait pas le reversement de Bachar. Et l’armée syrienne soutenue maintenant par la Russie a offert une résistance que personne n’avait prévue.

Il est inutile de pleurer sur le sort d’Alep, il faut maintenant faire cesser les combats. Constatons que Bachar n’est pas notre ennemi, notre ennemi ce sont les djihadistes de l’Etat Islamique et du Front al Nosra et de ses avatars.

Cessons de faire un préalable du départ d’Assad, unissons nos efforts à ceux de la Russie nous viendrons rapidement à bout des mouvements terroristes, après mais après seulement on pourra voir comment rétablir la paix publique en Syrie.

 

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17/07/2016

Changer notre politique en Syrie.

 

On a vu les deux chefs de la diplomatie, russe et américain, Sergueï Lavrov et John Kerry se rendre ensemble à l’ambassade de France à Moscou pour signer le registre de condoléances.

John Kerry était arrivé la veille dans la capitale russe ayant en main un projet de coopération militaire destiné à coordonner les raids aériens des deux armées contre les djihadistes de l’Etat islamique et du front al-Nosra succursale en Syrie d’al-Qaida.

Après cinq ans de guerre civile Syrienne, ayant pour but de déboulonner Bachar el Assad, John Kerry propose à Vladimir Poutine de collaborer au sein d’un « Centre de Commandement commun » situé près d’Ammam en Jordanie où les forces spéciales américaines entrainent des rebelles syriens depuis plusieurs années.

Dans ce centre qui abriterait « des experts (des deux pays) en identification, ciblage d’objectifs et en planification de frappes aériennes », Américains et Russes « partageraient du renseignement » pour « permettre une coordination en vue d’opérations militaires contre al-Nosra », peut-on lire dans ce projet d’accord.

Cela serait un changement majeur dans les relations russo–américaines qui actuellement se limitent à des échanges d’informations pour éviter les collisions de leurs avions.

La semaine dernière, François Hollande, depuis le sommet de l’Otan à Varsovie, avait lui-même appelé Américains et Russes à intensifier leur coopération contre al-Nosra. C’est bien la filiale syrienne d’al-Qaida qui est visée dans le plan américain.

On estime en effet qu’une fois l’Etat Islamique défait, ce qui pourrait arriver d’ici quelques mois, certains de ses membres pourraient rejoindre al-Nosra, et le renforcer. Al-Nosra partage la même idéologie que l’Etat islamique et sa capacité de nuisance dans l’est de la Syrie en serait augmentée.

Le projet n’a pas abouti à ce jour, car il exigeait que la Russie limite ses frappes à celles décidées en commun et que les avions syriens cessent de bombarder les rebelles « modérés ». Peut être arrivera-t-on à un compromis.

Ce qui est curieux dans cette affaire c’est que jusqu’à il y a peu, la France fournissait des armements à al-Nosra considéré comme de « bons islamistes » alliés aux « rebelles modérés » en lutte contre Bachar el Assad. La Turquie l’aidait de même en laissant les djihadistes passer sa frontière et en fournissant des armes.

Quand on pense que depuis cinq ans sévit une guerre civile encouragée par l’Occident au nom des « printemps arabes » pour remplacer Bachar par un régime démocratique qui comme partout aurait été islamiste, c’est une politique insensée que nous avons menée. Heureusement Poutine est arrivé et a remis les choses en place, il est maintenant rejoint par les Etats Unis et nous allons suivre comme d’habitude par la contremarche. Le stade suivant sera de constater que Bachar était un moindre mal. Il aura fallu cinq ans de guerre civile, deux cent mille morts, un pays ravagé pour en arriver là. Partout la France et aussi l’Occident veulent imposer la démocratie dans des pays qui ne savent pas ce que c’est et qui ne la souhaitent pas. On a ainsi déstabilisé, le Proche et le Moyen Orient mais aussi l’Afrique, provoquant conflits tribaux et religieux et nous obligeant à intervenir militairement en jouant les pompiers pyromanes.

Pour en revenir au massacre de Nice, il est certain que les divers attentats ont été suscités par l’Etat islamique en réaction à l’action américaine en Irak puis à celles de la coalition occidentale, perçues comme une « croisade ».

Il serait souhaitable de réévaluer nos actions en Syrie et en Irak, relativement symboliques, pour nous consacrer à nos interventions en Afrique avec tous nos moyens.

Constatons que John Kerry n’a pas jugé bon de nous consulter avant d’entreprendre sa démarche en Russie. C’est dire le peu de considération que nous portent les Etats unis.

 

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