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04/06/2017

Changeons notre politique extérieure

Le comportement du Président Trump au dernier G7 puis sa décision de sortir de l’accord de Paris sur le climat, montrent qu’il applique sa doctrine « America first » et qu’il ne faut plus compter sur les Etats Unis aussi bien pour notre défense que pour notre politique économique.

C’est là l’aspect positif de l’affaire : contrainte et forcée, l’Union Européenne et d’abord la France va devoir réorienter sa politique extérieure.

Il est un peu navrant de voir qu’au dernier sommet de Saint-Petersbourg, la France n’était guère représentée que par des pétroliers et que Poutine a fait les yeux doux à l’Inde.

L’Europe a fait de même, après la sortie décidée par Donald Trump de l’accord de Paris, elle s’est concertée avec la Chine.

La réception à Versailles de Vladimir Poutine laissait espérer que la France allait enfin mener une politique conforme à ses intérêts et non à des considérations idéologiques, comme ce fut le cas au cours du précédent quinquennat.

L’intérêt de l’Europe et de la France est de rétablir des rapports normaux avec la Russie, n’en déplaise à la chancelière. Il faut pour cela régler l’affaire de l’Ukraine.

Il est assez étonnant qu’alors que l’Europe inflige des sanctions à la Russie – sanctions dont souffrent d’ailleurs les deux parties – on signe avec l’Ukraine un accord d’association en contournant d’ailleurs le « non » des Pays Bas et on accorde aux Ukrainiens la suppression des visas pour l’accès à l’Europe. L’Ukraine est de plus soutenue financièrement par des crédits européens sans lesquels elle serait en faillite.

Si on peut estimer que les accords de Minsk sont une bonne base de départ pour trouver une solution, la situation actuelle fait croire que seule la Russie ne les respecte pas, ce qui est faux.

Rappelons tout d’abord que l’origine du conflit est la révolution plus ou moins suscitée de Maïdan, conduisant à l’éviction du président élu Iakounovitch et son remplacement par le président Porochenko.

Les accords de Minsk prévoyaient que soit accordé un statut spécial aux deux provinces russophones du Donbass. Si cette loi a bien été votée par le parlement ukrainien, elle n’est jamais entrée en vigueur. Par contre l’Ukraine applique un blocus à ses deux provinces, a fermé les voies ferroviaires et ne payent plus ses fonctionnaires comme si elle considérait qu’ elles ne faisaient plus partie de son territoire.

L’Allemagne et la France étant garantes des accords de Minsk se doivent de se montrer impartiales dans leurs rapports avec les deux parties, ce qui n’est absolument pas le cas actuellement.

Il faut évidemment disjoindre le problème de la Crimée dont la population s’est déclarée favorable au rattachement à la Russie, de toute façon la Russie ne la rendra jamais. Les sécessions du Kosovo et de Mayotte constituent d’ailleurs des précédents.

A partir du moment où on discute avec la Chine, on ne peut plus évoquer les droits de l’homme contre la Russie.

Il faudra ensuite chercher avec l’ensemble des parties, une solution politique au conflit syrien. Commençons par ne plus soutenir les mouvements terroristes qui constituent le plus clair de l’opposition à Bachar el Assad et par nous consacrer uniquement à la lutte contre l’Etat Islamique. Réouvrons notre ambassade à Damas qui n’aurait jamais du être fermée : Il faut pouvoir parler à tout le monde et rétablir notre influence au Proche Orient.

La détente dans les rapports avec la Russie rencontrera, très certainement, une opposition venant de l’Allemagne et des pays de l’Europe orientale, il revient à la France d’en prendre l’initiative et d’imposer cette évolution qui sera profitable à tous. La Russie fait partie de l’Europe et les menaces qu’on lui impute sont à l’évidence très surestimées, elles disparaitront quand on aura normalisé nos rapports.

Il faudra enfin cesser de suivre les Etats Unis dans leurs querelles sinon nous allons nous retrouver en mer de Chine.

 

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30/09/2016

Alep

Il faut quand même être d’une totale mauvaise foi ou avoir la mémoire bien courte pour rendre Bachar responsable de ces cinq années de guerre civile, ayant causé 300 000 morts et les combats actuels pour Alep.

Rappelons nous quand même que tout a commencé dans la foulée des printemps arabes quand l’occident et les pétromonarchies sunnites ont entrepris de renverser Bachar, président légitime de la Syrie, encourageant voire suscitant la rébellion, l’occident par ce qu’il estimait le régime dictatorial, les secondes pour faire pièce à l’Iran chiite. Curieuse alliance avec des dictatures théocratiques bien moins libérales que ne l’était le régime syrien.

L’opposition « modérée » n’a jamais réellement existé, constituée surtout par des exilés, les autres ayant fini par rejoindre les mouvements djihadistes comme le Front al Nosra. Rappelons nous Fabius déclarant que ce mouvement « faisait du bon travail » et que Bachar n’avait pas sa place sur terre.

On aurait du être averti par le chaos entrainé au proche et au moyen Orient par les interventions occidentales en Afghanistan, en Syrie, en Libye. Les révolutions du printemps arabes ont conduit partout à la prise du pouvoir par les islamistes rêvant d’établir la charia.

Seulement Bachar ne s’est pas laissé faire soutenu par toutes les minorités, chrétiennes, yazidis, druzes, kurdes, alaouites, chiites, craignant toutes l’arrivée d’islamistes au pouvoir. Le clergé catholique a toujours déclaré qu’il ne souhaitait pas le reversement de Bachar. Et l’armée syrienne soutenue maintenant par la Russie a offert une résistance que personne n’avait prévue.

Il est inutile de pleurer sur le sort d’Alep, il faut maintenant faire cesser les combats. Constatons que Bachar n’est pas notre ennemi, notre ennemi ce sont les djihadistes de l’Etat Islamique et du Front al Nosra et de ses avatars.

Cessons de faire un préalable du départ d’Assad, unissons nos efforts à ceux de la Russie nous viendrons rapidement à bout des mouvements terroristes, après mais après seulement on pourra voir comment rétablir la paix publique en Syrie.

 

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27/07/2016

et Donald Trump est arrivé...

 

L’hypothèse de l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats Unis est maintenant plausible. Si cela advient voilà qui risque de changer la nature des choses surtout en Europe, la doctrine de Trump étant « America first » En particulier Trump s’indigne que le charge de la défense du monde libre par l’OTAN soit à 70% supportée par les Etats Unis et demande une meilleure répartition du genre 50/50 avec l’Europe. Il remet aussi en cause le principe fondateur de l’OTAN : l’automaticité de la défense de chaque Etat membre s’il est attaqué. Il évoque en particulier les Pays Baltes qu’il considère visiblement comme faisant partie de la « basse cour » russe et la Pologne. Il y a là de quoi réfléchir à l’utilité de l’OTAN et envisager une autre politique Européenne. Il est certain que la politique occidentale incarnée par l’OTAN s’est montrée agressive vis à vis de la Russie au point de faire resurgir des odeurs de guerre froide. Sans remonter à la guerre de Géorgie où les occidentaux avaient à l’évidence poussé le président Mikheil Saakachvili à une confrontation bien imprudente avec la Russie, on ne peut que constater que la révolution ukrainienne a été largement encouragée voire suscitée en particulier par un accord d’association proposée par l’Union Européenne. Depuis le retour de la Crimée dans le giron Russe et la révolte du Dombass ont entrainé l’imposition de sanctions à la Russie dont elle souffre certes mais également nuit à l’économie européenne. On ne compte plus les gesticulations agressives de l’OTAN, exercices en mer Baltique, crainte quelque peu paranoïaque de la Pologne et des Etats Baltes d’une agression Russe, tentative de débauchage des états de la zone d’influence russe, Moldavie, Biélorussie, renforcement de la présence militaire dans l’est de l’Europe et pour finir sommet de l’OTAN à Varsovie.

Dans ces conditions si les Etats Unis refusent d’assurer la sécurité inconditionnelle de l’Europe, on ne voit pas l’intérêt du maintien de l’OTAN qui nous entraine à des interventions pour la défense d’intérêts qui ne sont pas les nôtres, à mener une guerre à l’américaine toute en technologie, ce qui est couteux et peu efficace et à confier notre défense à une alliance dominée par les Etats Unis.
Ne vaudrait il pas mieux que l’Europe quitte l’organisation militaire de l’OTAN et réfléchisse à une défense autonome au prix d’investissements suffisants ?

La politique étrangère devrait également être revue et basée sur les intérêts européens. Pour neutraliser la menace russe le mieux serait d’enterrer la hache de guerre, de mettre une croix sur l’Ukraine et la Crimée où nous n’avons strictement rien à gagner, de respecter la zone d’influence russe, de lever évidemment les sanctions et de négocier des accords économiques avec la Russie

Les économies européennes et russes sont à l’évidence complémentaires et tout le monde a à gagner à des échanges fructueux.

Il faudrait bien entendu arrêter les négociations du traité transatlantique TAFTA qui transformerait définitivement l’Europe en protectorat américain.

Notons d’ailleurs que Donald Trump entend se rapprocher de Vladimir Poutine, ce qui d ‘ailleurs est déjà en cours dans la lutte contre l’Etat Islamique en Syrie et que le président russe faute d’un accord avec l’Europe a entrepris un rapprochement avec la Turquie dont l’évolution est pour le moins ambiguë.

Le Brexit en écartant de l’Europe l’allié le plus indéfectible des Etats Unis devrait faciliter cette évolution politique, c’est une opportunité à saisir.

 

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17/07/2016

Changer notre politique en Syrie.

 

On a vu les deux chefs de la diplomatie, russe et américain, Sergueï Lavrov et John Kerry se rendre ensemble à l’ambassade de France à Moscou pour signer le registre de condoléances.

John Kerry était arrivé la veille dans la capitale russe ayant en main un projet de coopération militaire destiné à coordonner les raids aériens des deux armées contre les djihadistes de l’Etat islamique et du front al-Nosra succursale en Syrie d’al-Qaida.

Après cinq ans de guerre civile Syrienne, ayant pour but de déboulonner Bachar el Assad, John Kerry propose à Vladimir Poutine de collaborer au sein d’un « Centre de Commandement commun » situé près d’Ammam en Jordanie où les forces spéciales américaines entrainent des rebelles syriens depuis plusieurs années.

Dans ce centre qui abriterait « des experts (des deux pays) en identification, ciblage d’objectifs et en planification de frappes aériennes », Américains et Russes « partageraient du renseignement » pour « permettre une coordination en vue d’opérations militaires contre al-Nosra », peut-on lire dans ce projet d’accord.

Cela serait un changement majeur dans les relations russo–américaines qui actuellement se limitent à des échanges d’informations pour éviter les collisions de leurs avions.

La semaine dernière, François Hollande, depuis le sommet de l’Otan à Varsovie, avait lui-même appelé Américains et Russes à intensifier leur coopération contre al-Nosra. C’est bien la filiale syrienne d’al-Qaida qui est visée dans le plan américain.

On estime en effet qu’une fois l’Etat Islamique défait, ce qui pourrait arriver d’ici quelques mois, certains de ses membres pourraient rejoindre al-Nosra, et le renforcer. Al-Nosra partage la même idéologie que l’Etat islamique et sa capacité de nuisance dans l’est de la Syrie en serait augmentée.

Le projet n’a pas abouti à ce jour, car il exigeait que la Russie limite ses frappes à celles décidées en commun et que les avions syriens cessent de bombarder les rebelles « modérés ». Peut être arrivera-t-on à un compromis.

Ce qui est curieux dans cette affaire c’est que jusqu’à il y a peu, la France fournissait des armements à al-Nosra considéré comme de « bons islamistes » alliés aux « rebelles modérés » en lutte contre Bachar el Assad. La Turquie l’aidait de même en laissant les djihadistes passer sa frontière et en fournissant des armes.

Quand on pense que depuis cinq ans sévit une guerre civile encouragée par l’Occident au nom des « printemps arabes » pour remplacer Bachar par un régime démocratique qui comme partout aurait été islamiste, c’est une politique insensée que nous avons menée. Heureusement Poutine est arrivé et a remis les choses en place, il est maintenant rejoint par les Etats Unis et nous allons suivre comme d’habitude par la contremarche. Le stade suivant sera de constater que Bachar était un moindre mal. Il aura fallu cinq ans de guerre civile, deux cent mille morts, un pays ravagé pour en arriver là. Partout la France et aussi l’Occident veulent imposer la démocratie dans des pays qui ne savent pas ce que c’est et qui ne la souhaitent pas. On a ainsi déstabilisé, le Proche et le Moyen Orient mais aussi l’Afrique, provoquant conflits tribaux et religieux et nous obligeant à intervenir militairement en jouant les pompiers pyromanes.

Pour en revenir au massacre de Nice, il est certain que les divers attentats ont été suscités par l’Etat islamique en réaction à l’action américaine en Irak puis à celles de la coalition occidentale, perçues comme une « croisade ».

Il serait souhaitable de réévaluer nos actions en Syrie et en Irak, relativement symboliques, pour nous consacrer à nos interventions en Afrique avec tous nos moyens.

Constatons que John Kerry n’a pas jugé bon de nous consulter avant d’entreprendre sa démarche en Russie. C’est dire le peu de considération que nous portent les Etats unis.

 

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02/03/2016

Pouquoi le cessez-le-feu en Syrie tiendra (peut être)

La guerre civile Syrienne a été suscitée puis entretenue par une coalition disparate comprenant l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie, les Etats Unis et la France, chacun ayant des objectifs différents mais tous voulant le départ de Bachar el Assad qui comme disait Fabius, « ne méritait pas d’être sur terre »

Cette guerre fut déclenchée dans le sillage des printemps arabes et tous pensaient que Bachar, comme Moubarak et Ben Ali, n’allait pas faire long feu.

Erreur de jugement, Bachar se battait le dos au mur, les Alaouites dont il fait partie, n’auraient pas survécu à une conquête sunnite, et de plus il était soutenu par de nombreuses minorités dont les chrétiens qui avaient la même crainte .

Bachar résista pendant quatre ans, aidé par le Hezbollah, l’Iran et les Kurdes et soutenu par la Russie, puis quand il allait céder, Poutine arriva au secours de son allié avec de gros moyens et renversa la situation. L’armée Syrienne passa à l’offensive et regagna une partie des territoires perdus. Il devint évident que Bachar ne serait pas renversé. L’opposition syrienne comprit qu’elle n’arriverait pas au pouvoir par la force et se mit à penser qu’il valait mieux négocier. Les commanditaires extérieurs arrivèrent à la même conclusion si bien que, quand Poutine et Kerry proposèrent un cessez-le-feu, le calme s’installa à peu près.

Pendant ce temps là la lutte contre les organisations terroristes, le Front al-Nosra, filiale d’al-Qaida et l’Etat Islamique, continua.

Dans ces conditions on ne voit pas pourquoi l’opposition syrienne étrillée et ses commanditaires, reprendraient la lutte : ils espèrent maintenant une solution politique.

La principale inconnue est la Turquie qui ne veut pas voir les Kurdes s’installer tout le long de sa frontière et pourrait reprendre le combat.

Autre bénéfice, on peut espérer une réduction du flot de réfugiés quittant la Syrie pour l’Europe.

Ceci étant, l’irrationnel peut conduire à une tout autre situation et les combats reprendre. Croisons les doigts.

 

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