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01/08/2017

Le retour de la guerre froide

Entre les Etats Unis et la Russie c’est le retour de la guerre froide. Le congrès américain a adopté de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie. Jeudi le Sénat a voté à la quasi unanimité, 98 voies contre 2 , une loi qui durcit les sanctions frappant déjà la Russie à la suite de l’annexion de la Crimée et de son aide aux provinces sécessionnistes ukrainiennes du Donbass. Bien sur, il s’agit surtout de la supposée intervention russe dans la campagne présidentielle et aussi de la culture de guerre froide existant toujours au congrès.

A vrai dire les provocations sont plutôt venus des occidentaux : après s’être engagés au moment de la dissolution du pacte de Varsovie, ils se sont étalés jusqu’au frontières russes, et ont mené une guerre en Serbie, terre orthodoxe, qui pour les Russes était une agression. L’Union Européenne a signé des accords d’association avec les pays que la Russie considère dans sa zone d’influence, laissant espérer une future adhésion. La révolution ukrainienne de février 2014 avait à l’évidence été encouragée sinon suscitée par l’Occident. A tout cela on peut ajouter l’adhésion à l’OTAN du Monténégro

Dans les rapports entre l’Occident et la Russie on trouve également des désaccords sur les tracés de gazoducs pour acheminer le gaz russe en Europe en concurrence avec le gaz de schiste américain.

Quoi qu’il en soit le conflit latent entre la Russie et les Etats Unis ne peut nous laisser indifférents, déjà nous souffrons pour nos exportations des sanctions actuelles ; l’aggravation des sanctions risque d’impacter nos relations économiques avec la Russie, notamment pour les contrats que nous avons dans l’exploitation pétrolière, les américains s‘arrogeant le droit exorbitant de nous sanctionner.

Les relations entre la Russie et les Etats Unis sont dégradées au point que la Russie demande la réduction de 755 du nombre des diplomates américains en Russie.

La question est de savoir pourquoi l’Union Européenne se montrerait solidaire des Etats Unis dans un conflit purement interne dans lequel elle n’est nullement impliquée. A l’évidence il serait beaucoup plus profitable de prendre notre indépendance vis à vis des Etats-Unis, de normaliser nos relations avec la Russie en commençant par lever des sanctions contre-productives et inutiles. Il conviendrait également d’entériner le retour de la Crimée à la Russie qui n’est pas plus scandaleux que l’annexion de Mayotte et la sécession du Kosovo. Quant à l’Ukraine l’U.E. n’a aucun intérêt à soutenir financièrement ce pays, ruiné, corrompu et mafieux ; le mieux serait de ne pas se mêler de l’affaire ukrainienne sauf pour arbitrer l’application des accords de Minsk établis sous notre égide.

 

http://dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com

 

20/12/2016

L'Europe, une curieuse démocratie.

L’Europe est une curieuse démocratie, les Pays Bas ayant rejeté en avril 2016 par référendum, la ratification du traité d’association de l’Union Européenne et de l’Ukraine, veulent le faire ratifier après quelques modifications, par son Parlement.

Rappelons que, à part pour le Brexit –et encore attendons- chaque fois qu’un traité est rejeté par référendum par un quelconque pays, on s’arrange pour ne pas tenir compte du résultat du référendum, soit en faisant revoter, soit en transférant la question aux Parlements.

Traité de Maastricht, deux référendums danois.

Traité de Nice, deux référendums irlandais.

Constitution européenne, après les refus de la France et des Pays-Bas, contournement par le Traité de Lisbonne ratifié par les Parlements. Ce traité soumis à référendum par l’Irlande, il fallut deux référendums successifs pour le faire adopter.

Le traité d’association avec l’Ukraine, fut négocié dans la discrétion la plus complète. Ce traité, rédigé à l’évidence sous pression américaine, avait pour seul objet de contrer la Russie en s’en prenant à sa zone d’influence.

Il fut à l’origine de la révolution ukrainienne de Maïdan le 21 novembre 2013, amenant le départ du président Victor Ianoukovitch rejetant l’accord d’association pour se rapprocher de la Russie, son remplacement par Petre Porochenko, la sécession des provinces russophones du Donbass et l’annexion de la Crimée par la Russie. La guerre éclata entre l’armée ukrainienne et les rebelles séparatistes, elle se poursuit encore malgré les accords de Minsk et a entrainé 10 000 morts.

C’est donc à un pays en proie à la guerre civile, corrompu et failli que l’Union Européenne veut s’associer.

L’Ukraine se débat dans des difficultés financières et ne doit son salut qu’à l’aide de l’Europe et des institutions internationales. Le FMI, principal créancier a accordé en 2015 un prêt de 16,5 milliards de dollars et la Berd n’a pas exclu d’entrer au capital de la PrivatBank, première banque ukrainienne qui vient d’être nationalisée pour éviter l’effondrement du secteur bancaire.

Voilà le pays auquel l’Europe veut lier son sort.

Il est probable que si la procédure du référendum était généralisée et acceptée, l’Europe ne serait pas devenu le monstre technocratique coupé des peuples qu’elle est devenue.

 

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12/11/2016

Europe:le désamour

Un événement est passé inaperçu et est pourtant révélateur : le 30 octobre, la Moldavie votait pur élire son président. Igor Dodon, ouvertement prorusse, a failli être élu au premier tour avec 48,2% des suffrages, il le sera surement au second le 13 novembre.

Evidemment la Moldavie c’est seulement 3,5 millions d’habitants mais elle est l’enjeu d’une lutte d’influence entre l’occident et la Russie.

Jusqu’à maintenant la Moldavie regardait vers l’Europe avec laquelle elle avait signé un accord d’association en 2014 avec l’espoir d’être intégrée. Igor Dodon voudrait lui rejoindre l’Union économique eurasienne pilotée par Moscou.

Si on ajoute à ce revirement le Brexit, l’évolution rapide de la Turquie vers une dictature islamique – et pourtant on n’a pas arrêté les négociations pour l ‘admission dans l’Union Européenne - on constate que l’UE n’a plus le pouvoir d’attraction qu’elle avait jusqu’ici en particulier auprès des pays ayant appartenu à l’Union Soviétique.

Il est très probable qu’un referendum envisagé en Islande, conduirait à un refus.

Il est vrai que si elle ne se réforme pas profondément cette construction va vers l’explosion. La crise migratoire n’a pas été ressentie de la même façon par tous : alors que l’Allemagne de Me Merkel, pour des raisons de démographie et peut être de bons sentiments, ouvrait largement ses portes, la Hongrie, l’Autriche fermaient leurs frontières. La France qui n’arrive pas à gérer l’arrivée de nombreux clandestins qualifiés de « réfugiés politiques » a fermé ses frontières avec l’Italie. L’Italie et la Grèce n’arrivent pas à endiguer le flux migratoire.

L’Europe se révèle incapable de défendre ses frontières extérieures

Et maintenant Donald Trump parle de refermer le parapluie sous lequel l’Europe s’abrite inconsidérément, sans faire l’effort nécessaire pour sa défense.

Partout apparaissent des mouvements nationalistes souvent antieuropéens, en Pologne, en Hongrie, en Autriche, en Allemagne, aux Pays Bas, en France, que l’élection américaine ne peut qu’encourager.

L’Europe technocratique telle qu’elle a été conçue va vers des jours difficiles.

 

 

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17/09/2016

L'Europe et Trump.

L’ombre de Trump, possible futur président des Etats Unis, a hanté les couloirs du sommet de Bratislava, et les Européens se sont soudain aperçus qu’ils étaient nus.

Donald Trump ayant déclaré que l’OTAN était obsolète, qu’il ne mourrait pas pour les pays Baltes, que les Etats Unis ne continuerait pas à financer la défense du « monde occidental » à 70% et qu’il fallait partager les frais, et que Poutine était un bien brave homme, l’Europe se trouve sans défense avec en plus un ennemi oriental complètement fantasmé.

En fait Trump est antieuropéen et veut rompre les ponts : fini le TAFTA et c’est tant mieux. Ajoutons à cela le Brexit qui délivre l’Europe du plus atlantiste de ses membres et lui permet de secouer le joug américain.

« L’Europe est dans une situation critique », dit Angela Merkel. « Le statu quo n’est plus possible », ajoute le chef de l’État.

Il est temps de s’en apercevoir devant la révolte des peuples contre une Europe qu’ils ne comprennent pas et le refus d’une politique imposée par Berlin dans de nombreux domaines : immigration, politique économique basée sur la rigueur…

On commence par la défense où un accord est plus facile à trouver, comme le dit Hollande : « Si les États-Unis font le choix de s’éloigner, l’Europe doit être capable de se défendre par elle-même ». Une évidence devant laquelle on fermait les yeux, et il a ajouté : « Pour l’UE, la défense, c’est le défi. Il s’agit de peser sur le destin du monde, de se doter d’une capacité de projection (…) Il n’y a pas de continent, il n’y a pas d’union s’il n’y a pas de défense de ce que nous représentons »

Même les pays de l’Europe de l’Est, le club de Visegrad, devaient se rallier à la mise sur pied, avant la fin de l’année, d’une coopération militaire accrue. Il ne s’agira pas de constituer des unités multinationales, ça n’a jamais marché, mais de créer un état major européen pour gérer les crises, de protéger nos frontières, de mettre en commun un certain nombre de moyens surtout logistiques, transport aérien, ravitaillement en vol, contrôle du ciel européen et de standardiser les équipements,

Il faudra bien entendu que tout le monde mette la main à la poche pour au moins atteindre les 2% du PIB consacrés à la défense.

Il faudra aussi revoir la politique de l’Europe vis à vis de la Russie, lever des sanctions contreproductives, aboutir à un accord en Ukraine, et nouer des rapports économiques et commerciaux avec un grand pays qui a toujours fait partie de sa civilisation et avec lequel nous avons beaucoup d’intérêts communs.

Trump, qu’il soit élu ou non, a enfin fait comprendre que l’Europe avait perdu toute autonomie de décision, pourvu que ça dure.

http://dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com

27/08/2016

Sarkozy au long nez.

En 2007 pour se faire élire Sarkozy nous avait joué « Plus à droite que moi, tu meurs » pour débaucher les votes Front National, avec succès il faut le reconnaître. Visiblement il veut recommencer, il ne parle plus que d’identité nationale, d’arrêt de l’immigration, de suppression du regroupement familial, de réforme du droit du sol…

Il faut se rappeler que jamais l’immigration n’a été aussi importante que sous son règne, qu’il a fait annexer Mayotte qui, en plus d’une évolution catastrophique bien prévisible, est devenue le « Lampedusa » de l’Océan Indien.

Nous ne pouvons donc le croire dans ses rodomontades, comme les autres il ne fera rien.

D’autre part il conviendrait qu’il nous éclaire sur ce qu’il projette en matière de Politique Européenne et Etrangère et de Défense. N’oublions pas qu’il a contourné le vote négatif au sujet de la Constitution Européenne par le Traité de Lisbonne qui en est une copie à peu près conforme. Va-t-il, comme il en est question actuellement, aller vers plus d’intégration alors que les Français souhaitent le maintien de leur identité nationale, le rétablissement des frontières et la limitation des pouvoirs de l’Europe.

Va-t-il, lui qui nous a fait retourner dans l’OTAN, prendre ses distances avec les Etats Unis et abandonner le projet de traité transatlantique dit TAFTA qui transformerait l’Europe en satellite américain. Va-t-il continuer à maintenir une atmosphère de guerre froide avec la Russie pour des problèmes en Ukraine et en Crimée auxquels nous aurions mieux fait de ne pas nous mêler, ou va-t-il, comme nous aurions du le faire depuis longtemps, nous rapprocher de la Russie avec laquelle nous partageons beaucoup d’intérêts et lever des sanctions totalement contre-productives.

Va-t-il lui qui est à l’origine de la désastreuse intervention en Libye enfin comprendre que notre ennemi n’est pas Bachar et qu’il n’est pas raisonnable de nous acoquiner avec les théocraties qui suscitent, soutiennent et financent le terrorisme islamiste.

Sarkozy promet de développer notre effort de défense mais dans quel but ? Préparer la guerre qui est maintenant terminée contre l’URSS, ou adapter l’armée à la guerre qui a lieu actuellement : défense de nos intérêts en Afrique, lutte contre le djihad et l’islamisation, lutte contre le déferlement des « migrants », pour lesquelles les Rafale et la Dissuasion ne sont pas la réponse adaptée.

Personnellement je ne lui ferai confiance sur aucun de ces points, estimant que son nez s’allonge comme celui de Pinocchio. L’ennui est qu’il est quand même « moins pire » que Juppé prêt à toutes les compromissions pour arriver au pouvoir et dont on peut penser qu’il mènerait la même politique du « chien crevé au fil de l’eau » que Hollande.

Finalement devant cette alternative je ne sais si je me dérangerai.