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05/09/2021

Marius Petipa

Hier on diffusait à la télévision le gala donné au Théatre Mariinsky de St Petersbourg pour commémorer le 200° anniversaire de la naissance de Marius Petipa. Marius Petipa vécut en Russie de 29 ans à sa mort, Il fut chorégraphe à Mariinsky ou il créa de nombreux ballets qui revinrent plus tard à l’opéra de Paris avec Rudolph Noureev.

Pour qui aime la danse classique ce fut un merveilleux spectacle. Fut notamment présenté la Belle au bois dormant sur une musique de Tchaikovsky. On y rencontrait le chat botté et le petit poucet et son ogre, le petit chaperon rouge et son loup, Riquet à la houppe, un bel hommage aux contes de Perrault.

Alors il me vint à l’esprit combien la culture russe et la culture française avaient de points communs et combien les histoires de nos deux pays, hormis la parenthèse soviétique, avaient souvent été proches.

Et si on refermait la parenthèse et on reprenait le cours de nos histoires communes ? Depuis la chute de l’URSS les agressions ont été largement le fait de notre coté occidental : extension de l’OTAN à la limite de la zone traditionnelle russe, ingérence en Géorgie, en Moldavie, en Ukraine, sanctions.

L’Europe si elle voulait trouverait tout bénéfice à une entente avec la Russie, politique et économique, quitte à peiner l’oncle américain.

A Toulon le quai du port s’appelait quai Cronstadt, en souvenir de la visite de la flotte russe en 1893 précédant l’alliance franco-russe de 1894, en 1945 il fut rebaptisé quai Stalingrad, à la chute de l’URSS les marins de Toulon obtinrent qu’ il redevint quai Cronstadt. C’est un exemple à suivre.

 

27/08/2018

Emancipation

Angela Merkel voudrait changer sa stratégie américaine en émancipant l’Allemagne de la tutelle américaine et en passant de la position de vassale à celle de partenaire. Elle a enfin compris, Donald Trump aidant, que l’Europe ne pouvait pas compter sur les Etats Unis pour sa défense et qu’elle était considérée comme une concurrente.

Parallèlement Angela reçoit Vladimir Poutine pour parler vraisemblablement de l’Ukraine, de la Syrie mais aussi du gazoduc Nord Stream 2, pomme de discorde avec les Etats Unis.

De tout cela on ne peut que se réjouir, c’est une prise de conscience qui aurait du être faite depuis longtemps, mais on peut quand même s’étonner que l’Allemagne qu’on croit un farouche défenseur de l’intégration européenne, mène cette réflexion et une nouvelle stratégie, seule, sans consulter ni associer ses partenaires européens paraissant ainsi défendre les seuls intérêts allemands.

Il est inconcevable pourtant que l’Europe et l’Allemagne mènent une politique étrangère divergente et si on souhaite l’alignement une concertation préalable eut été bienvenue, d’autant qu’il va falloir maintenant en tirer les conclusions et prendre les décisions nécessaires : l’Europe devra assurer sa défense et remplacer l’OTAN, qui devrait être dissoute, par une organisation européenne. Ceci nécessite également que chacun, à commencer par l’Allemagne renforce considérablement son effort de défense, s’affranchisse du matériel américain et privilégie l’industrie d’armement européenne.

Le rapprochement souhaitable avec la Russie nécessite l’abandon de l’alignement sur la politique antirusse américaine. Ceci entraine l’arrêt de l’immixtion dans l’affaire ukrainienne et en particulier l’acceptation du rattachement de la Crimée à la Russie, la levée de sanctions contreproductives tant pour la Russie que pour l’Europe.

Cela nécessite aussi que les pays de l’Europe de l’est, notamment la Pologne et les Pays Baltes cessent de considérer la Russie comme une menace.

Il convient même de mettre en place une collaboration économique entre la Russie et l’Europe dont les intérêts sont sur bien des points convergents.

De l’autre coté il faut s’affranchir des inacceptables ingérences américaines dans la politique économique de l’Europe et trouver un moyen de lutte contre le chantage basé sur des lois américaines et la prééminence du dollar. Ceci concerne en particulier l’Iran avec lequel nous devons pouvoir librement commercer tant que ce pays respecte l’accord sur le nucléaire.

Mais cette réorientation de la politique européenne ne peut se faire qu’avec l’accord de tous les pays d’Europe et il est au moins étrange de voir l’Allemagne jouer sa propre partie sans concertation aucune en particulier avec la France.

03/06/2018

La fin de la démocratie

Churchill déclarait que la démocratie était le pire des régimes à l’exception de tous les autres. Peut être, mais la démocratie devient une exception et a tendance à disparaître.

Son principal défaut est de favoriser l’intérêt individuel plutôt que l’intérêt général et de conduire à une politique à courte vue à l’échéance des élections ; l’Europe par exemple se suicide en encourageant le travail des femmes plutôt que d’avoir une politique résolument nataliste, rendant indispensable l’appel à l’immigration qui lui fait perdre son âme et disparaître sa civilisation. Paul Valéry déclarait « les civilisations sont mortelles », la civilisation occidentale d’origine gréco-latine et chrétienne est en train de mourir faute de foi en elle.

La démocratie en tant que régime est devenue l’exception : il n’y a pas un pays d’Afrique, du nord comme subsaharienne où la démocratie malgré les pressions occidentales, se soit établie d’une façon durable. La décolonisation a conduit au retour des ethnies, des tribus et des clans comme fondement du pouvoir. Prenons l’exemple du Rwanda où la France avait poussé à l’instauration d’un régime démocratique, cela a mené aux massacres interethniques et au retour de la dictature de Kagamé.

Les régimes islamistes aussi bien en Afrique qu’en Asie considèrent que la Charia doit servir de fondement à leur mode de vie et ne souhaitent pas l’instauration de la démocratie quant ils ne la combattent pas par le terrorisme. De plus les seuls régimes laïques, de fait autoritaires, sont systématiquement déstabilisés : Irak. Libye, Syrie.

Font exception quelques rares régimes vivant sous le parapluie américain, comme le Japon, Taiwan et la Corée du sud, mais le reste de l’Asie en particulier les deux pays les plus peuplés du monde, la Chine et l’Inde, ne peuvent être qualifiés de démocratie et il n’y a guère d’espoir qu’ils le deviennent.

Restent d’anciennes colonies comme l’Australie, la Nouvelle Zélande, le Etats-Unis et le Canada dont on peut admettre qu’elles vivent en démocratie encore que la propension des Etats-Unis à se mêler des affaires du monde et à entreprendre interventions militaires et exercer pressions commerciales les discrédite quelque peu.

En Amérique du Sud et centrale il y a à vrai dire et en cherchant bien quelques pays que l’on peut qualifier de démocraties mais ce n’est pas la majorité.

En Russie Poutine a instauré un régime certes autoritaire mais avec un réel soutien populaire, qui est le plus souvent vilipendé, mais est le plus proche de la démocratie. Poutine est un des rares dirigeants à penser au long terme.

Reste l’Europe berceau de la démocratie, à la fin de la deuxième guerre mondiale on pouvait espérer l’établissement général de la démocratie, ce n’est pas ce qui est arrivé. L’instauration de l’Europe a créé un monstre technocratique qui décide de tout, aussi bien du mode de vie que de l’organisation politique et économique, bafoue les referendums qui ne lui sont pas favorables, menacent de sanctions les pays comme la Pologne, la Hongrie qui veulent continuer à décider de leur sort, imposent des politiques économiques aux pays dont la situation ne plait pas à Bruxelles comme l’Espagne la Grèce et l’Italie. Un pays qui n’est plus maitre de sa politique extérieure, de sa défense, de ses options morales et de ses choix de société n’est plus une démocratie, c’est le cas, hélas de la France.

La démocratie est en train de disparaître

10/05/2018

Trump et l'Iran

Il l’a fait, Trump a bien dénoncé comme il l’avait dit l’accord nucléaire avec l’Iran ainsi que le demandait Israël, qui refaisant le coup des « armes de destruction massive » prétend contre toute évidence que l’Iran continue à préparer sa bombe. Venant d’un pays qui s’est doté clandestinement de l’arme atomique, le procès ne manque pas de sel.

Il faut tirer maintenant les conséquences de cette décision, d’abord constater que la politique extérieure américaine ne se fait pas à Washington mais à Jérusalem. On ne peut que voir que les Etats-Unis qui ont déstabilisé le Proche et le Moyen-Orient – Afghanistan, Irak, Syrie - sans parler du Yemen où ils aident l’Arabie Saoudite dans une guerre ignorée, ne cherchent pas à y ramener la paix.

Par cette décision strictement unilatérale, Trump manifeste le mépris dans lequel il tient ses partenaires européens, cosignataires de l’accord avec l’Iran. Tirons en les conclusions.

Que l’Europe fasse bloc pour réaffirmer notre engagement vis à vis de l’Iran qui n’acceptera jamais une renégociation de l’accord. Commençons par lever les sanctions et réintroduire l’Iran dans notre monde économique en passant avec ce pays des accords industriels et commerciaux. Cela n’ira pas sans mal tant les Etats Unis disposent de moyens de pression voire de chantage en particulier pour les contrats libellés en dollars. Il faut que l’Europe pour une fois unie, combattent cette vassalisation.

Il convient aussi de nous rapprocher de la Russie voire de la Chine.

Pour ce qui est de la Russie abandonnons les derniers relents de guerre froide, cessons de nous immiscer dans la zone d’influence russe – la question ukrainienne n’a pour nous aucun intérêt, ce pays est ruiné et corrompu bien loin d’une démocratie et ne méritant pas qu’on le défende au nom des droits de l’homme. Egalement renonçons aux pressions militaires aux frontières russes Abandonnons les sanctions envers la Russie qui coutent à l’Europe autant qu’à la Russie. La Russie fait partie de l’Europe, reconnaissons le.

Les Etats Unis mènent une politique isolationniste et ne considèrent que leur intérêt immédiat. Ce n’est pas l’Iran qui est le pays le plus belligène de la région mais Israêl qui déjà n’hésite pas à intervenir militairement contre la Syrie et qui ne fait rien, bien au contraire, pour mettre fin à une guerre civile qui dure depuis sept ans et dont les origines et la poursuite viennent plus de l’extérieur que du pays lui même. Netanyahou n’hésite pas à réveiller ses fantasmes : « J’ai indiqué à Poutine que 73 ans après la Shoah, les Iraniens veulent exterminer les Juifs, et que nous sommes déterminés à nous défendre », a-t-il affirmé. Rien moins.

01/08/2017

Le retour de la guerre froide

Entre les Etats Unis et la Russie c’est le retour de la guerre froide. Le congrès américain a adopté de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie. Jeudi le Sénat a voté à la quasi unanimité, 98 voies contre 2 , une loi qui durcit les sanctions frappant déjà la Russie à la suite de l’annexion de la Crimée et de son aide aux provinces sécessionnistes ukrainiennes du Donbass. Bien sur, il s’agit surtout de la supposée intervention russe dans la campagne présidentielle et aussi de la culture de guerre froide existant toujours au congrès.

A vrai dire les provocations sont plutôt venus des occidentaux : après s’être engagés au moment de la dissolution du pacte de Varsovie, ils se sont étalés jusqu’au frontières russes, et ont mené une guerre en Serbie, terre orthodoxe, qui pour les Russes était une agression. L’Union Européenne a signé des accords d’association avec les pays que la Russie considère dans sa zone d’influence, laissant espérer une future adhésion. La révolution ukrainienne de février 2014 avait à l’évidence été encouragée sinon suscitée par l’Occident. A tout cela on peut ajouter l’adhésion à l’OTAN du Monténégro

Dans les rapports entre l’Occident et la Russie on trouve également des désaccords sur les tracés de gazoducs pour acheminer le gaz russe en Europe en concurrence avec le gaz de schiste américain.

Quoi qu’il en soit le conflit latent entre la Russie et les Etats Unis ne peut nous laisser indifférents, déjà nous souffrons pour nos exportations des sanctions actuelles ; l’aggravation des sanctions risque d’impacter nos relations économiques avec la Russie, notamment pour les contrats que nous avons dans l’exploitation pétrolière, les américains s‘arrogeant le droit exorbitant de nous sanctionner.

Les relations entre la Russie et les Etats Unis sont dégradées au point que la Russie demande la réduction de 755 du nombre des diplomates américains en Russie.

La question est de savoir pourquoi l’Union Européenne se montrerait solidaire des Etats Unis dans un conflit purement interne dans lequel elle n’est nullement impliquée. A l’évidence il serait beaucoup plus profitable de prendre notre indépendance vis à vis des Etats-Unis, de normaliser nos relations avec la Russie en commençant par lever des sanctions contre-productives et inutiles. Il conviendrait également d’entériner le retour de la Crimée à la Russie qui n’est pas plus scandaleux que l’annexion de Mayotte et la sécession du Kosovo. Quant à l’Ukraine l’U.E. n’a aucun intérêt à soutenir financièrement ce pays, ruiné, corrompu et mafieux ; le mieux serait de ne pas se mêler de l’affaire ukrainienne sauf pour arbitrer l’application des accords de Minsk établis sous notre égide.

 

http://dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com