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04/04/2015

La protection des chrétiens d'Orient.

A la suite du traité entre la France et la Sublime Porte dit des « Capitulations », la France fut chargée en 1535 de la protection des étrangers de l’empire Ottoman. Depuis, peu à peu, la France s’investit du devoir de protection des chrétiens d’Orient. A la suite du mandat donné à la France par la Société des nations après la première guerre mondiale sur la Syrie et le Liban, l’influence de la France, politique et culturelle s’établit. Depuis la France se sent en charge de la protection des chrétiens d’Orient surtout ceux de Syrie et du Liban.

C’est à ce titre qu’il faut mettre l’intervention de Laurent Fabius au Conseil de sécurité pour demander que les minorités syriennes en général et les chrétiens d’Orient en particulier, soient protégés et ne subissent pas un génocide ou l’obligation de quitter leur pays.

« La protection des chrétiens d’Orient est une tradition pour la France » a-t-il déclaré dans une interview à La Croix. Précisant que son intervention est bien dans la tradition française qui court depuis François Ier : « La protection des chrétiens d’Orient, je l’ai dit, est constitutive de l’histoire de France, au-delà des clivages politiques. J’entends que nous soyons fidèles à cette tradition »

On ne peut qu’applaudir à cette prise de position hélas bien tardive et qui ne correspond guère à la politique suivie par la France depuis le début de l’insurrection syrienne il y a quatre ans.

Avant le début de l’insurrection les différentes minorités vivaient en paix sous un régime autoritaire certes mais laïc.

Depuis le début de l’insurrection Fabius s’est fixé comme objectif de faire tomber al-Assad et soutient une « opposition modérée » qui ne représente pas grand chose et se rallie peu à peu au Front al Nosra, mouvement terroriste dans la mouvance d’al Quaïda.

« On entend parfois dire à propos de la Syrie : « Daech, (l’E.I) c’est pire encore qu’Assad, donc il faut soutenir Assad pour nous débarrasser de Daech. » En réalité, Daech et Assad sont les deux faces d’une même médaille. Autant nous sommes favorables en Syrie à une solution politique intégrant à la fois des éléments du régime et l’opposition – nous y travaillons –, autant nous pensons que soutenir Assad pour en faire l’avenir du pays serait une double erreur, à la fois sur le plan moral et sur le plan pratique : ce serait pousser tous ceux qu’il a persécutés dans les bras de Daech. »

Curieuse position, si le régime actuel, avec ou sans al-Assad, est renversé s’instaurera un régime islamiste et les chrétiens n’auront plus qu’à quitter le pays. D’ailleurs les évêques syriens souhaitent certes des réformes, mais absolument pas la chute du régime. Nous en sommes à aider un mouvement affilié à al Quaïda. Un fait est révélateur nous combattons l’Etat islamique en Irak mais pas en Syrie de peur d’aider al-Assad.

Il faut sérier les questions, le principal objectif est d’éradiquer l’Etat Islamique par tous las moyens et pour cela nous avons besoin de l’armée loyaliste d’al-Assad. En fait nous avons aussi besoin de l’Iran et de la Russie qui soutiennent la Syrie et il serait bon de profiter de l’accord qui vient d’être trouvé avec l’Iran sur la question nucléaire, pour normaliser nos relations avec la Russie et l’Iran et pour lier nos efforts dans la lutte contre al Quaïda ;

Actuellement les troupes loyalistes sont mises en échec. La ville syrienne d'Idleb, située au nord-ouest du pays, est tombée samedi 28 mars aux mains du Front al Nosra.

C’est au coté des Kurdes que combattent les milices chrétiennes : situation paradoxale.

 

http://dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com

08/11/2013

France,tiens tu ta promesse?

Le nouveau consul général de France à Jérusalem, suivant une tradition multiséculaire s’est engagé le 5 novembre à défendre les chrétiens d’Orient.

Le diplomate français, Hervé Magro, a traversé à pied le quartier chrétien de la Vieille ville de la porte de Jaffa, où il a été accueilli par Mgr William Shomali, vicaire patriarcal latin, et le chancelier du Patriarcat, le P. Georges Ayoub, jusqu’au Saint-Sépulcre, le lieu le plus saint de la chrétienté qui abrite le tombeau de Jésus.

Il était précédé de deux kawas, en tenue de janissaires, portant sabre et bâton de cérémonie, lui en tenue de cérémonie blanche, et a été accueilli par les religieux franciscains de la custodie de Terre Sainte qui depuis le XVI° siècle gardent le Saint Sépulcre.

Cette cérémonie traditionnelle marque la prise de fonction du consul général de France à Jérusalem qui assume un rôle de protection des lieux saints et des communautés religieuses.

Lors d’un Te Deum en la basilique Sainte-Anne des Croisés, il a rappelé le rôle unique de la France « fidèle qu’elle a voulu être, qu’elle est et qu’elle restera aux responsabilités que l’histoire lui confère depuis cinq siècles à l’égard des Églises chrétiennes et des communautés religieuses de Terre sainte » et il a déclaré « La continuité du rôle protecteur de la France n’est pas rhétorique. C’est une mémoire vive au présent. Si nous étions tentés de l’oublier, les événements qui se déroulent dans cette région, et dont les communautés chrétiennes souffrent particulièrement, nous imposent un engagement sans faille dans la mission de soutien aux chrétiens d’Orient »

Cette cérémonie dont le consul de France est seul à bénéficier, a pour origine, les liens franco-ottomans contractés par François 1er et la Sublime Porte en 1535 pour prendre à revers l’empereur Charles Quint. La légitimité de la France comme protectrice des lieux saints et des chrétiens repose également sur le protectorat catholique accordé par le Vatican

Le consul de France a promis de défendre les droits des chrétiens, qui figurent selon lui parmi les « plus pauvres et les plus injustement traités de cette région ». Les chrétiens d’Orient – qui seraient entre 13 et 15 millions dans toute la région – émigrent d’Irak, de Syrie, d’Égypte et de Palestine par dizaines de milliers pour des raisons sécuritaires, politiques et économiques.

La France tient-t-elle sa promesse ? il ne semble pas que la défense des chrétiens d’Orient guide sa politique au proche et au moyen orient.

Le nombre des chrétiens en Irak était en 2003 d’environ un million, il en resterait moins de 500 000, qu’a fait la France pour les défendre ? Le 31 octobre 2010 l’attaque contre la cathédrale syriaque de Bagdad, Notre Dame du Perpétuel Secours, avait été la plus meurtrière de celles menées contre les chrétiens.

A l’occasion du troisième anniversaire, marqué par une cérémonie à Notre Dame du Salut, des Irakiens musulmans, aussi bien sunnites que chiites, ont appelé leurs compatriotes chrétiens à résister à la tentation de l’exil. Un des manifestants a déclaré : « Les chrétiens sont irakiens, depuis des millénaires, et la chrétienté est l’une des plus anciennes religions du pays, nous les invitons à ne pas quitter l’Irak, car tous les Irakiens partagent leur douleur »

La France a-t-elle été fidèle à sa mission en soutenant les rebelles Syriens qui veulent instaurer un état musulman où les chrétiens seront au mieux des citoyens de seconde zone et surtout devront quitter le pays. Sous le régime laïc de Bachar Al-Assad, les chrétiens vivent en paix et tiennent leur place. C’est maintenant sur la Russie de Poutine qu’ils comptent pour leur protection.

 

 

Cet article est basé sur le bulletin de l’Oeuvre d’Orient ;