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31/08/2012

Brèches dans la désinformation

J’ai fait écho dans ce blog à des prises de position discordantes des positions officielles ressassées à longueur d’antenne, sur la nécessité du renversement de Bachar el-Assad. Notamment la conférence de Alain Chouet ancien de la DGSE et l’article du Général Fleury expliquant que nous n’avions pas les moyens d’intervenir en Syrie.Je reprends un texte rédigé par le Général Henry-Jean Fournier qui va dans le même sens :

 « Malgré l'ambiance des vacances, peu d'entre nous auront échappé au matraquage médiatique concernant la situation en Syrie. Car les événements ne prennent pas de vacances, même lorsqu'ils se déroulent en plein ramadan, traditionnellement consacré, en terre d'Islam, au partage et à la spiritualité.

Dans la chaleur de l'été, les matamores du monde politico-médiatique n'ont en effet cessé de pousser notre pays à l'intervention, en faisant appel à la compassion et en s'appuyant sur l'ignorance de ceux qui les écoutent.

On ne peut en effet que compatir à toutes ces souffrances que l'on nous montre avec complaisance et insistance, à partir d'images à l'origine incertaine, soigneusement filtrées et fournies par des exilés syriens résidant à Paris. Et comme compassion rime avec passion, on a tôt fait de s'enflammer pour ceux qui souffrent et de vouer à l'enfer ceux qui les font souffrir.

Sans s'interroger sur les motivations des uns et des autres et se demander à qui profite le crime ? Peu d'entre nous pourraient d'ailleurs répondre. Car peu d'entre nous connaissent l'histoire, la géographie, le peuple et la situation actuelle de ce pays. Peu de médias grand public prennent d'ailleurs le temps de nous informer, de nous apprendre ce que nous ignorons.

Et comme ignorance rime avec médisance, on a tôt fait de véhiculer des idées reçues et de prendre parti sans peser le pour et le contre. Car enfin, de quoi s'agit-il ? Un pays possédant une longue histoire, carrefour et berceau de civilisations anciennes, officiellement reconnu par la communauté internationale, acteur majeur de l'équilibre de sa région, est aujourd'hui dans une situation qui a toutes les apparences d'une guerre civile, vraisemblablement alimentée et soutenue par tous ceux qui ont intérêt à déstabiliser la région.

Le but officiel d'une intervention serait d'éliminer le dictateur qui exerce la responsabilité de ce pays. L'intention est généreuse et ne peut que recueillir l'approbation de tous ceux qui se laissent guider par une compassion matinée de droits de l'homme et de promotion de la démocratie.

Ce serait donc au nom de ces principes qu'il conviendrait d'intervenir, afin de permettre au peuple syrien de se libérer de son tyran.

Mais qui est le peuple syrien ? Que représente-t-il ? Qui le représente ?

Autant de questions qui sont aujourd'hui sans réponse et qui le resteront encore longtemps.

Car la Syrie est un assemblage de communautés qui vivent certes sur un même territoire, mais qui ne partagent que peu de choses en commun, si ce n'est, comme tous les peuples, une commune aspiration à vivre en paix.

Ces communautés sont diverses : alaouite, chiite, chrétienne, druze, sunnite, par exemple.

Elles ont ceci de particulier de reposer sur l'appartenance à une religion.

Dès lors que l'une de ces religions mêle étroitement foi et loi, elle devient une menace pour toutes les autres. C'est le cas de l'islam sunnite ou de l'islam chiite.

La survie d'un tel pays repose alors sur un savant équilibre entre toutes ses composantes, de manière que la plus menaçante pour les autres, parce que la plus nombreuse démographiquement, ne puisse accéder à la législature suprême.

Cette situation est donc totalement antinomique de l'idéal démocrate tel que nous sommes censés le pratiquer en Occident.

Elle n'est pas spécifique de la Syrie. Tous les pays où l'islam est pratiqué par des fidèles suffisamment nombreux pour revendiquer la majorité électorale sont dans la même situation.

Et à y regarder de près, les récentes évolutions des pays secoués par le printemps arabe traduisent sensiblement une situation identique, cependant atténuée par la longue emprise de l'islam dans la plupart de ces pays.

Les minorités berbères, juives ou chrétiennes du nord de l'Afrique l'ont déjà éprouvée par le passé. Les communautés appartenant à d'autres religions n'y ont guère de droits.

Dès lors, on peut se demander si la démocratie est compatible avec une religion d'état lorsque celle-ci présente pour caractéristique principale un manque certain de tolérance et un mélange constant entre la pratique d'une foi individuelle et le cadre légal nécessaire à toute vie en communauté au sein d'une même nation.

D'autant que pour un musulman, il n'existe de nation que celle de l'ensemble de la communauté musulmane, l'Oumma, supérieure à toute notion d'Etat et de frontière territoriale.

C'est pourquoi il n'est pas possible d'intervenir en Syrie, ni d'ailleurs dans aucun autre pays musulman. Notre conception de la démocratie et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est incompréhensible à leurs peuples, contrairement à ce que veulent faire croire certains de leurs représentants auto-désignés, réfugiés (et parfois formés) en France.

Et qui s'empresseront, tel autrefois l'ayatollah Khomeyni, d'oublier ces principes dès leur arrivée au pouvoir dans leur pays, pour créer une théocratie.

Car intervenir militairement en Syrie pour y établir la démocratie selon nos normes reviendrait, au cas où nous y parviendrions (ce qui n'est pas du tout certain), à permettre à la majorité sunnite de prendre le pouvoir, d'établir un régime politique ayant pour fondement l'islam et pour conséquences le ravalement des autres communautés au rang de citoyens de seconde zone, victimes de toutes les brimades recommandées par l'islam envers les infidèles, même lorsqu'ils appartiennent à une famille proche. Les conflits permanents entre sunnites et chiites sont là pour nous le rappeler.

L'Occident et la France n'ont donc aucun rôle militaire à jouer en Syrie.

Ils peuvent en revanche, intervenir auprès de l'ONU pour que cette organisation, dûment mandatée par ses membres, tente de faire cesser les affrontements et permette le rétablissement d'un climat de paix. Ce qui supposerait d'identifier au préalable, puis de neutraliser, par la diplomatie, l'économie ou, en dernier recours, la force armée, ceux qui ont intérêt à déstabiliser la Syrie.

On saurait ainsi à qui profite le crime dont nous sommes aujourd'hui les témoins. »

 

Henry-Jean FOURNIER

 

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29/08/2012

Retour des ADM

Les interventionnistes otaniens, dont la France, n’ont décidément aucune imagination.

Après nous avoir fait en Syrie le coup du retour des « charniers » qui sert depuis Timisoara en passant par le Kosovo, on en revient aux armes de destruction massive qui avaient justifié la guerre d’Irak.

On peut pourtant se demander pourquoi et comment el-Assad utiliserait des gaz de combat pour combattre une guérilla urbaine.

Bien plus inquiétante est l’éventuelle récupération de ces gaz par nos alliés objectifs, djihadistes et salafistes, voire Al Qaida en cas de chute du président Syrien.

On peut aussi se demander comment on peut en arriver à aider ceux que nous combattons depuis une dizaine d’années en Afghanistan.

 

 

 

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28/08/2012

Un curieux procès d'intention

Tocqueville Magazine qu’anime Michel de Poncins et qui se consacre à la dénonciation des gaspillages publics, s’indigne le 20 août 2012 du coût de certains projets scientifiques qui seraient soutenus par des lobbies sans consultation des électeurs et qui conduisent à la ruine « à grande allure ».

Son ire est déclenchée par l’atterrissage de Curiosity sur Mars mais d’une façon générale condamne des réalisations « pharaoniques » comme le LHC du CERN où vient d’être, enfin, mis en évidence le boson de Higgs, dernière brique nécessaire au modèle standard de l’Univers.

Si on peut admettre que ces performances extrêmes n’ont pas d’applications pratiques immédiates, il n’empêche qu’il a fallu pour y arriver développer des techniques et des technologies qui trouveront rapidement des applications dans d’autres domaines. Pensons en particulier à la supraconductivité à l’aide de laquelle fonctionne le LHC.

Jusqu’à il y a peu, les grands progrès techniques et scientifiques se faisaient au cours des guerres, par exemple le radar ou l’énergie atomique. Que des pays se réunissent dans des projets « pharaoniques » semble quand même une démarche plus satisfaisante.

Partons maintenant d’un autre point de vue : notre civilisation que nous qualifierons d’hélléno-chrétienne a toujours cru au progrès, au développement, à la quête scientifique. Dans tous les domaines elle a montré, curiosité, imagination, intelligence tandis que d’autres, dans le même temps, considéraient le Monde comme fini, et s’endormaient dans un présent sans futur.

D’Archimède à Einstein et Louis de Broglie, toutes les connaissances scientifiques lui sont dues, de Marco Polo et Vasco de Gama, à Cook, La Pérouse et Neil Armstrong en passant par Christophe Colomb nous avons exploré le monde, puis l’espace.

Notre civilisation en a obtenu son universalité qui s’étend à l’art, à la culture, à la pensée.

Vouloir maintenant ramener toute recherche scientifique à une balance coût-efficacité est proprement navrant, c’est à terme capituler devant d’autres civilisations comme l’Islam et la Chine qui ne croient guère à la dignité de l’homme et sauront nous ramener au rang que nous mériterions alors.

Mais la querelle de Michel de Poncins atteint une autre dimension. Il voit dans cette quête d’une vie éventuelle sur Mars - Curiosity - et ces recherches sur les débuts de l’univers - le LHC - un complot pour « se passer de Dieu » : « Si Mars a abrité la vie, des milliers ou milliards d'autres planètes peuvent ou doivent avoir fait de même. (…) A terme l'objectif final se résume bien à une offensive contre Dieu qui ne serait plus le créateur de toute vie, pas plus de la vie de l'homme dont l'âme est Son chef d’œuvre absolu. »

Curieuse pensée, que craint-il si on finit par trouver que la vie existe ailleurs que sur la terre et même qu’il  existe des êtres pensants et doués de raison en d’autres lieux ? Il est difficile de croire que Dieu ait conçu et réalisé une telle machinerie pour supporter la seule humanité. Craint il qu’on découvre des créatures qui croient à une autre chose que nous et pratiquent des religions différentes ? C’est plus que probable, le christianisme est empreint d’anthropomorphisme et est une œuvre humaine mais l’important c’est le message, la dignité de tout homme, c’est ce que dit St Jean « Au commencement était le Verbe »

Le procès que fait Michel de Poncins est très galiléen, il y a longtemps que l’Eglise admet que la Terre tourne autour du Soleil.

 

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27/08/2012

Sur un marché persan

Il faudra un jour expliquer aux Français que si le prix du pétrole explose, c’est parce que nous appliquons des sanctions à l’Iran. Egalement la situation en Syrie aggravée par notre politique incompréhensible incite à la spéculation. Espérons quand même que notre politique n’est pas uniquement justifiée par les bons sentiments, sinon Talleyrand qui avait une conception plus réaliste des relations internationales, va se retourner dans sa tombe.

Aussi PSA dont Général Motors possède maintenant 7% a interrompu ses ventes en Iran où il commercialisait 458 000 véhicules par an, 30% du marché persan, à peu près comme en France, ce qui explique en partie sa situation catastrophique et la perte de 8000 emplois en France.

Le groupe de pression UANI – United against nuclear Iran - est intervenu auprès de General Motors menaçant l’entreprise d’une enquête du Congrès relative à son association avec le constructeur français, afin que la multinationale américaine contraigne Peugeot à cesser immédiatement ses activités en Iran.

Non seulement la France perd toute crédibilité par une politique étrangère contraire à ses intérêts, précédant même les Etats Unis uniquement préoccupés par le pétrole et Israël, mais elle se tire une balle dans le pied et déstabilise son économie.

Navrant.

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11:48 Publié dans actualites | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iran, pétrole, psa, sanctions

24/08/2012

Nous ne pouvons intervenir en Syrie.

Un récent article du général Fleury, ancien chef d’Etat Major de l’armée de l’air (Le Monde du 24 août 2012), affirme que nous n’avons pas les moyens d’intervenir en Syrie, il est donc inutile de jouer les Matamore.

« Pour la Syrie, la chanson n'est pas la même. Son armée de l'air totalise environ 500 avions de combat, soit deux fois plus que la nôtre ; bien qu'une partie d'entre eux seulement soit moderne, leur nombre et la qualité d'un entraînement conduit en vue d'une guerre éventuelle avec Israël en font un adversaire sérieux. Nous ne sommes pas de taille à l'affronter. »

Voilà où nous a conduit les réductions continues des crédits militaires : Il nous a fallu l’aide des Américains et des Anglais pour venir à bout de la Libye, pour la Syrie nous sommes impuissants. « Pour venir à bout aujourd'hui de l'aviation de Bachar Al-Assad, il faudrait employer toute la machine de guerre américaine et utiliser les aéroports de Grèce et de Chypre, voire du Moyen-Orient. »
En particulier la défense aérienne Syrienne s’est montrée très efficace en abattant un chasseur turc venu la tester.

En 1991 au cours de la première guerre du golfe l’armée de l’air française alignait 450 avions de combat, le livre blanc en vigueur prévoit maintenant 230 Mirage 2000 ou Rafale. Les budgets militaires sont passés de 3% du PIB à 1,5%.

Et voilà la conclusion du général Fleury :

« Mais il est impossible aujourd'hui aux pouvoirs publics de proclamer cette faiblesse : la conclusion serait immédiate, le budget de la défense deviendrait prioritaire ce qui serait contradictoire avec les engagements du président de la République. Alors, finalement, le "niet" de Vladimir Poutine est bien pratique : il évite de poser les vraies questions. »