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28/08/2012

Un curieux procès d'intention

Tocqueville Magazine qu’anime Michel de Poncins et qui se consacre à la dénonciation des gaspillages publics, s’indigne le 20 août 2012 du coût de certains projets scientifiques qui seraient soutenus par des lobbies sans consultation des électeurs et qui conduisent à la ruine « à grande allure ».

Son ire est déclenchée par l’atterrissage de Curiosity sur Mars mais d’une façon générale condamne des réalisations « pharaoniques » comme le LHC du CERN où vient d’être, enfin, mis en évidence le boson de Higgs, dernière brique nécessaire au modèle standard de l’Univers.

Si on peut admettre que ces performances extrêmes n’ont pas d’applications pratiques immédiates, il n’empêche qu’il a fallu pour y arriver développer des techniques et des technologies qui trouveront rapidement des applications dans d’autres domaines. Pensons en particulier à la supraconductivité à l’aide de laquelle fonctionne le LHC.

Jusqu’à il y a peu, les grands progrès techniques et scientifiques se faisaient au cours des guerres, par exemple le radar ou l’énergie atomique. Que des pays se réunissent dans des projets « pharaoniques » semble quand même une démarche plus satisfaisante.

Partons maintenant d’un autre point de vue : notre civilisation que nous qualifierons d’hélléno-chrétienne a toujours cru au progrès, au développement, à la quête scientifique. Dans tous les domaines elle a montré, curiosité, imagination, intelligence tandis que d’autres, dans le même temps, considéraient le Monde comme fini, et s’endormaient dans un présent sans futur.

D’Archimède à Einstein et Louis de Broglie, toutes les connaissances scientifiques lui sont dues, de Marco Polo et Vasco de Gama, à Cook, La Pérouse et Neil Armstrong en passant par Christophe Colomb nous avons exploré le monde, puis l’espace.

Notre civilisation en a obtenu son universalité qui s’étend à l’art, à la culture, à la pensée.

Vouloir maintenant ramener toute recherche scientifique à une balance coût-efficacité est proprement navrant, c’est à terme capituler devant d’autres civilisations comme l’Islam et la Chine qui ne croient guère à la dignité de l’homme et sauront nous ramener au rang que nous mériterions alors.

Mais la querelle de Michel de Poncins atteint une autre dimension. Il voit dans cette quête d’une vie éventuelle sur Mars - Curiosity - et ces recherches sur les débuts de l’univers - le LHC - un complot pour « se passer de Dieu » : « Si Mars a abrité la vie, des milliers ou milliards d'autres planètes peuvent ou doivent avoir fait de même. (…) A terme l'objectif final se résume bien à une offensive contre Dieu qui ne serait plus le créateur de toute vie, pas plus de la vie de l'homme dont l'âme est Son chef d’œuvre absolu. »

Curieuse pensée, que craint-il si on finit par trouver que la vie existe ailleurs que sur la terre et même qu’il  existe des êtres pensants et doués de raison en d’autres lieux ? Il est difficile de croire que Dieu ait conçu et réalisé une telle machinerie pour supporter la seule humanité. Craint il qu’on découvre des créatures qui croient à une autre chose que nous et pratiquent des religions différentes ? C’est plus que probable, le christianisme est empreint d’anthropomorphisme et est une œuvre humaine mais l’important c’est le message, la dignité de tout homme, c’est ce que dit St Jean « Au commencement était le Verbe »

Le procès que fait Michel de Poncins est très galiléen, il y a longtemps que l’Eglise admet que la Terre tourne autour du Soleil.

 

http://dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com