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22/10/2014

L'imprécateur

 

Ainsi il aura fallu 70 ans pour que quelqu’un ose s’attaquer au tabou des persécutions antisémites en France. Il aura fallu que ce soit Eric Zemmour, un juif, qui s’y attèle et conteste la thèse soutenue par Paxton et les Klarsfeld de la complicité volontaire du gouvernement de Pétain à l’élimination des juifs d’Europe.

Il y a d’abord eu l’amalgame constant entre le statut des juifs de 1940, statut manifestement antisémite cherchant à limiter l'influence des juifs, estimés responsables de la défaite de 40, mais ne visant nullement à leur élimination et la volonté des nazis de faire disparaître les juifs d’Europe par la « solution finale », tentative à laquelle le gouvernement de Vichy, n’a jamais souscrit.

Il est intéressant de constater que de l’essai de 500 pages de Zemmour sur le « suicide français », seuls les quelques pages concernant le rôle de Vichy dans les persécutions antijuives ont entrainé une polémique virulente montrant que Zemmour s’attaquait là à un tabou dont il ne fallait surtout pas parler.

N’importe quel goy aurait tenu les mêmes propos, il aurait été licratisé vite fait au nom de la loi Gayssot de sinistre mémoire, qui empêche toute recherche historique sur cette question.

Moyennement quoi, depuis 70 ans une légende est créée, fondée en particulier sur les livres de Paxton, beaucoup plus polémiste qu’historien et les affirmations des Klarsfeld qui eux ne peuvent pas être qualifiés d’historiens, affirmant que Pétain et son gouvernement étaient complices des nazis pour la destruction des juifs d’Europe, et que si 90% des juifs français en avaient réchappé c’était grâce à nombre de « justes » qui s’étaient attachés à leur protection.

Depuis 70 ans les médias, à coup d’affirmations, de désinformation, d’intoxication, de mensonges s’emploient à l’établissement de cette légende que seuls quelques-uns, taxés de révisionnisme et exposés à l’opprobre public osent contester. Depuis 70 ans il n’est pratiquement pas un soir sans qu’une émission de télévision ne traite de la « shoah » ou de l’Holocauste.

Et puis voilà que Zemmour met les pieds dans le plat et dit que le gouvernement de Pétain a essayé de limiter les déportations, qu’il s’est consacré à la protection des citoyens français israélites, et que finalement ceux ci ont été les plus épargnés en Europe.

Il est intéressant de voir où Le Monde va chercher ses arguments pour contrer Zemmour, d’abord un article de Paxton intitulé « Le Zèle de Vichy dans la déportation des juifs français » et un des Klarsfeld « Quand la police de Pétain et Laval livrait des enfants juifs au nazis ». Paxton et les Klarsfeld étant à l’origine de la thèse contestée par Zemmour, on reconnaitra qu’il n’est là rien de très probant.

Pour faire bon poids le journal a été chercher le témoignage de Daniel Cordier qui fut secrétaire de Jean Moulin et qui écrit « Pétain était le traître absolu » et regrette que l’on ne l’ait pas fusillé… 95 ans, soyons indulgent…

Jamais on ne se réfère à la monumentale « Grande histoire de la France sous l’occupation » de Henry Amouroux ni à l’ « Histoire de Vichy » de François-Georges Dreyfus qu’on ne peut quand même pas taxer d’antisémitisme. F.G. Dreyfus n’exonère nullement Pétain de toute responsabilité mais rejoint ce que dit Zemmour sur le sacrifice des juifs étrangers pour sauver les citoyens français. Il ne nie nullement la participation de nombreux Français à la sauvegarde des juifs mais note également qu’il y a eu aussi beaucoup de dénonciations par « désir de vengeance, la sottise ou l’appât du gain, l’antisémitisme latent, les affaires de cœur, la jalousie… »

Dans ces conditions attribuer le sort moins funeste des juifs français à la seule action de « justes » n’est certainement pas pertinent. Il est aussi assez piquant de voir maintenant évoquer le rôle protecteur de l’église catholique et de certains évêques par Le Monde qui qualifie habituellement Pie XII de « Pape de Hitler »

Il faut aussi regarder l’opinion des juifs eux mêmes à cette période, telle qu’elle est rapportée par F.G. Dreyfus : « Il est certain que tel ou tel témoignage de juifs rescapés de Drancy éclaire cette situation : « Les juifs français n’étaient pas solidaires de nous. Ils nous ont considérés comme des juifs inférieurs et ils disaient à qui voulaient les entendre que nous étions responsables de leurs malheurs »… « J’ai vu des gens xénophobes dans tous les pays mais la xénophobie pure à l’état de passion et n’admettant aucune exclusion je ne l’ai trouvée que là-bas ». Rappelons que les juifs étrangers venaient pour beaucoup de pays ennemis, Allemagne, Autriche, Hongrie.

Il faut aussi se référer au livre de Michel Laffitte, préfacé par Pierre Vidal-Naquet, « Un engrenage fatal » exposant le rôle de l’UGIF, l’Union générale des Israélites de France,  l’ancêtre du CRIF, qui de 1941 à 1944 collabora avec l’occupant, assurant la gestion de Drancy et par ses imprudences entraina la déportation de nombre d’enfants juifs.

Que faut il conclure de tout cela ; c’est que cette triste période doit revenir dans le champ de la recherche historique sans qu’elle soit biaisée par des a-priori, des jugements de principe et des arrière-pensées. Il faudrait aussi que ceux qui n’ont pas connu l'occupation s’abstiennent de jugements et de condamnations quand ils n’en ont pas les bases.

Cette dernière remarque concerne aussi Florian Philippot pour qui « Il n’y a rien à sauver à Vichy. Vichy ce n’était pas la France. La France était à Londres, c’était les résistants qui, eux, effectivement ont sauvé des juifs ». Qu’est ce qu’il en sait ? En tout cas cette remarque montre que le Front National n’a pas été  long à adopter le politiquement correct.

 

 

http://dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com 

20/02/2013

Berlin s'amuse

Je ne vais jamais au cinéma mais quand je lis le compte-rendu du palmarès du festival de Berlin publié par le Monde sous le titre « A Berlin, un palmarès marqué par les clichés sociaux » je ne me sens pas près d’y retourner.

«…le palmarès est fidèle à la tonalité générale de cette compétition, qui ressemblait à un florilège d'images convenues de la réalité sociale des pays dans lesquels s'inscrivaient les films. » évidemment tentant.

Voilà un échantillonnage quasi exhaustif :

« La Roumanie était ainsi représentée sous l'angle de la corruption (…) Child's Pose , de Kalin Peter Netzer, l'Ours d'or, est un portrait de mère abusive, bourgeoise, qui fait jouer ses relations pour sauver son fils qui a tué un enfant dans un accident de la route. »

« Pour la Bosnie, ce fut la misère endémique des gens de la campagne, la corruption aussi » (…) An Episode in the Life of an Iron Pecker, de Danis Tanovic, suit les déboires d'un ferrailleur qui veut faire opérer sa femme après que celle-ci a fait une fausse couche, sans jamais s'intéresser à ce personnage féminin qui porte pendant des jours un bébé mort dans son ventre. »  Indiscutablement ça fait envie. De même pour « Harmony Lessons », d'Emir Baigazin,  qui « est certes virtuose, mais la manière verrouillée, systématique, qu'a l'auteur de dénoncer la violence au Kazakhstan finit par lasser. »

Parmi les bons films le Monde cite « Pardé (Closed Curtain) des Iraniens Jafar Panahi et Kamboziya Partovi, évocation de l'enfermement auquel est condamné le premier » et Gloria « portrait d'une quinquagénaire furieusement accrochée à son amour de la danse, des hommes, de l'alcool, »

Le Monde regrette toutefois que l’on n’ait pas distingué « Camille Claudel », de Bruno Dumont. « Apre, exigeant, douloureux même, ce film tourné dans un hôpital psychiatrique, avec ses pensionnaires, est un tour de force »

La sélection française a été ignorée, ne le regrettons pas trop. « Seuls s'en sortent Claude Lanzmann - avec un Ours d'or pour l'ensemble de sa carrière -, et Sebastien Lifshitz avec Bambi , romanesque portrait d'un transsexuel, qui a obtenu le Teddy (prix LGBT - lesbiennes, gay, bi et trans) du meilleur film documentaire » C’est bien le moins que les Allemands distinguent Lanzmann l’auteur de l’insupportable Shoah.

Et pour terminer ce florilège, citons Youth de l’Israélien Tom Shoval « histoire d'enlèvement sur fond de déclassement et de shabbat » et « Top of the Lake, de Jane Campion, histoire d'inceste inscrite dans une communauté rurale australienne »

Qui peut payer pour aller voir ce genre de film ? Personnellement j’aime mieux les Western.