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10/05/2017

Le chamboule-tout

Si il y a une chose qu’a montrée l’élection d’Emmanuel Macron, c’est bien le ras-le-bol des Français pour tous les calculs minables qui caractérisent le « système ». Pendant que chacun suppute les chances qu’a son parti de survivre aux législatives voire d’imposer au Président une autre politique par la cohabitation, on ne peut que constater que tous les partis ayant des députés sont morts et que le « système » n’est plus opérant.

Les Républicains vont à l’évidence éclater entre les partisans d’une opposition dure, les centristes exerçant un droit de regard sur les décisions du Président sans s’y opposer systématiquement et ceux qui vont rallier « En Marche » par conviction ou pour aller à la soupe. De plus on peut estimer à plusieurs dizaines le nombre de députés FN, sans parler des députés qui ne seront pas réélus. L’hypothèse dune majorité de députés « de la droite et du centre » capable d’imposer un premier ministre est à vérifier.

En allant plus à droite, l’avenir du Front National risque de n’être pas serein. L’échec de Marine Le Pen montrant une certaine faiblesse et son incapacité d’assumer les fonctions présidentielles ne sera pas sans conséquence. D’ailleurs on peut se demander si elle avait réellement envie d’être élue étant donné l’impossibilité qu’elle aurait eue de gouverner avec l’opposition des média, de la finance, des grandes entreprises, des syndicats et des instances européennes et si son comportement pendant le débat avec Macron n’était pas une forme de sabordage. Quoiqu’il en soit le FN tel qu’il est a vécu, il devra changer de politique abandonnant ses positions économiques gauchisantes, se recentrer sur les fondamentaux qui intéressent ses partisans, la lutte contre le chômage par une relance de l’économie et en particulier de l’industrie, en obtenant de l’Europe un contrôle de ses frontières et une préférence nationale au moins pour les marchés publics et une limitation réelle de l’immigration ressentie comme une invasion. Mais l’éclatement du FN est à craindre entre le nord et les campagnes où ses soutiens sont surtout ceux qui ont été exclus par la mondialisation et le midi qui regroupe surtout des souverainistes demandant l’arrêt de l’immigration légale ou non.

A gauche on constate la disparition du parti socialiste réduit à quelques pour-cents et dont les élus vont préférer rejoindre « En Marche » dans l’espoir de conserver leur siège, et l’émergence d’une gauche radicale, regroupant mélanchonistes, communistes et écolo, sans qu’il y ait la moindre chance d’accord entre ces mouvements.

Si on pense que beaucoup d’électeurs vont aller au secours du succès, on peut envisager que par des décisions populaires réellement mises en œuvre, le président Macron arrivera à réunir suffisamment d’élus pour gouverner.

Ce serait la fin d’un système au pouvoir depuis 40 ans avec le succès qu’on lui connaît.

http://dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com

04/05/2017

Une droite suicidaire.

Après avoir, par un comportement irresponsable, réussi à perdre une élection imperdable et porté très probablement Emmanuel Macron, fils spirituel de François Hollande, à la Présidence, la « droite de gouvernement » est en train de mijoter une manière de troisième tour aux législatives, qui lui permettrait de reprendre le pouvoir en imposant la cohabitation au nouveau Président.

L’expérience montre que les périodes de cohabitation ne permettent pas les réformes nécessaires et que si cela était on arriverait à un blocage et à une aggravation de la situation actuelle.

L’hypothèse défendue par François Baroin de l’élection d’un nombre suffisant de « Les Républicains » ou de l’UDI pour empêcher le nouveau président d’avoir une majorité est de toute façon assez improbable :

Les députés de droite dont le parti a été rejeté par une majorité des Français ne seront pas tous réélus, on verra apparaître un certain nombre de députés Front National élus à leur place.

D’autre part certains députés de droite vont rejoindre le nouveau Président dans l’espoir d’obtenir son onction pour les législatives voire un poste de ministre.

Certains candidats investis par le mouvement du Président ont des chances d’être élus.

Enfin les députés de la gauche laminée par les présidentielles, socialistes ou écologistes, se rallieront au Président ou seront remplacés par des candidats qu’il aura investis.

Dans ces conditions l’idée suicidaire de bloquer le fonctionnement des institutions par une cohabitation semble en soi une mauvaise idée et en plus une idée qui a peu de chance d’aboutir.

Quand nos « élites » comprendront elles que les Français ne supportent plus toutes ces magouilles ?

http://dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com