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09/12/2018

La Sapèque

Je possède une sapèque d’argent provenant « du palais d’été de l’empereur » autrement dit de ce pillage injustifiable connu sous le nom du « sac du Palais d’Eté ». Le 18 octobre 1860 les Français et les Anglais ont pillé et brulé le Palais d’Eté de l’empereur de Chine à Pékin au cours de la Seconde guerre de l’opium destinée à contraindre son pays à s’ouvrir à leurs commerçants.

Je ne sais pas comment cette sapèque m’est parvenue, peut être vient-elle d’un de mes ancêtres ayant participé à cet acte de vandalisme.

Les Chinois s’en souviennent encore et en ont gardé une rancune tenace, mais n’ont jamais demandé la restitution des objets volés dont certains doivent bien se trouver à Paris au Musée Guimet, ils se contentent de les racheter – fort cher – sur le marché de l’art.

On est en train de restituer au Bénin, vingt six oeuvres d’art saisies dans les ruines du palais du roi Béhanzin en novembre 1892, par le colonel Dodds qui en fit don au musée du Trocadéro à Paris.

Le président béninois, Patrice Talon en demande la restitution, ce que le président Macron s’empresse de faire. Mais il se heurte au code du patrimoine qui prescrit l’inaliénabilité des collections des musées. Qu’à cela ne tienne on va prévoir une dérogation pour les états africains subsahariens « dont les territoires correspondent à d’anciennes colonies françaises ». Bien entendu il y a là un acte de repentance de plus pour les « méfaits » de la colonisation.

Pourquoi s’en tenir à l’Afrique ? Les musées français regorgent de butins de guerre y compris provenant des guerres napoléoniennes ? On ne va quand même pas les vider pour complaire à tel ou tel chef d’état.

Je me souviens de l’état dans lequel !l y a quelques années on avait trouvé le musée de Dakar, conditions de conservation indignes, disparition de nombreux objets victimes d’un pillage qui n’était pas de notre fait.

Les Chinois viennent de financer à Dakar la construction d’un musée des « civilisations noires », il pourra accueillir 18000 pièces allant des premiers hominidés aux créations artistiques actuelles. Déjà le Sénégal souhaite la restitution de « toutes » les œuvres d’art, avec le précédent béninois comment refuser ? Au nom de la « repentance coloniale » que le Président ne cesse d’invoquer va-t-on vider nos musées, alors qu’il est bien évident qu’on leur doit la conservation de ce patrimoine étant donné les conditions de conservation et les pillages qui prévalent dans nombre de musées africains. Un rapport d’universitaires Felwinn Sarr et Bénédicte Savoye préconise la restitution sans condition aux états africains de tous les objets pillés ou acquis à vil prix durant la période coloniale, soit quelque 46 000 objets détenus dans les collections publiques. En dehors de toute autre considération, on ne peut que condamner le « fait du prince » auquel se livre le président Macron contre toute réglementation. D’autant que le peuple béninois n’est pas demandeur, ne fréquentant guère les musées.

Quoiqu’il en soit j’envisage de proposer à monsieur Xi la restitution de ma sapèque.

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