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07/02/2013

Les rythmes scolaires

Les instituteurs qu’on appelle maintenant professeurs des écoles freinent des quatre fers pour s’opposer au retour à la semaine des quatre jours et demi ce qui pourtant est encore inférieur à la norme commune aux autres fonctionnaires, sans parler des vacances. L’opposition la plus virulente venant d’ailleurs des instituteurs parisiens qui bénéficient, on l’apprend à l’occasion, d’avantages spécifiques dont on ne connaît pas l’origine surement discrète et qu’ils craignent de perdre.

Tout le monde pourtant reconnaît que les rythmes scolaires actuels à l’école primaire, imposés par la commodité des parents, le moindre effort des enseignants et les intérêts touristiques sont pour les enfants déments : des journées de six heures d’enseignement, quatre jours d’école par semaine, 144 jours de classe par an contre 180 à 200 ailleurs. Tout a été décidé sans tenir compte de l’intérêt des élèves et la médiocrité des résultats y a là une de ses causes.

Etant donné que cette réduction de la semaine d’une demi journée date de 2008, on travaillait  avant le samedi matin, on comprend mal que les enseignants puissent demander des délais de plusieurs mois voire d’un an pour s’adapter et que les communes évoquent des surcoûts insupportables.

Remarquons que le passage à la semaine de quatre jours en 2008, pourtant qualifié par Antoine Prost, historien de l’éducation de « Munich pédagogique », n’avait rencontré aucune opposition de la part des enseignants ravis de récupérer le samedi matin au prix des intérêts de leurs élèves.

Il est vrai que l’on veut organiser des activités périscolaires qui ne sont surement pas indispensables, les enfants pouvant rester dans leur école et se détendre ou apprendre leurs leçons.

Autrefois on ignorait les classes de neige ou de mer, et on restait à l’école cinq jours par semaine sans s’en étonner. A la fin du primaire on connaissait la grammaire, y compris les divers temps du subjonctif, on faisait un nombre modéré de fautes d’orthographe et on savait calculer sans utiliser une calculatrice, on pouvait réciter des fables de La Fontaine.

En fait on peut se demander si la cause de tout n’est pas à rechercher dans la formation des maîtres que l’on recrute maintenant au niveau du mastère à bacc plus cinq. A ce niveau d’études on peut penser que les candidats choisissent l’enseignement, du moins en primaire, par défaut alors que ce métier nécessite la vocation d’instruire des enfants.

Revenons au système ancien où les futurs instituteurs recevaient une formation de deux ans dans des écoles normales après le baccalauréat.

Il ne faut pas former les professeurs des écoles comme ceux des collèges et des lycées, il faut tenir compte qu’ils s’adressent à de jeunes enfants qui ont leur psychologie propre, leurs rythmes d’acquisition de la connaissance. Le recrutement doit être fait par un concours spécifique pour des candidats ayant choisi cette carrière.

Les écoles de formation des  enseignants du primaire devront enseigner les méthodes pour apprendre aux enfants, à lire, à écrire, à maitriser le français, à calculer en comprenant la logique des calculs. Elles devront montrer comment s’adresser aux enfants, les encadrer et leur apprendre la vie en société. Au cours des deux années, des stages en école donneront l’expérience nécessaire.

Si on veut qu’aucun enfant ne poursuive cahin-caha des études sans avoir les bases nécessaires c’est l’école primaire qu’il faut refonder et d’abord s’attacher à donner aux maîtres la formation adaptée nécessaire.

 

http://dejudasatartuffelettresaumonde.hautetfort.com